Volontaire dans une ferme avec vue

En voyage, il y a des moments où il faut savoir ralentir. Je vous emmène vivre une mission de volontariat qui alliait travail et contemplation. Dans une ferme perchée du Nord-Ouest de l’Argentine, dans la Quebrada de Humahuaca, un immense canyon de la cordillère des Andes.

 

C’est une mission que j’ai trouvé sur le site wwoofing. J’ai peu l’habitude de l’utiliser mais je n’ai pas trouvé mon bonheur sur les sites habituels. Et j’étais bien déterminée à séjourner dans ce coin du pays qui m’a séduite avec ses paysages multicolores et sa culture andine bien différente de celle qu’on peut découvrir plus au sud du pays.

 

Les débuts

 

J’aime bien consacrer une partie de mes récits à ce moment de la mission parce que la première impression est quelque chose qui marque. J’ai rejoint Don Juan comme il se fait appeler dans le coin (lisez-le avec l’accent espagnol) dans la ville de Tilcara, près de Salta. On s’est dit bonjour, je suis montée dans son pick up. On a roulé jusqu’au petit village de juella puis continué dans une vallée encaissée. On est arrivés dans sa ferme située à 2500m ou 3000m d’altitude. La maison est perchée dans la montagne, entourée d’arbres. Il y avait déjà un autre volontaire, Felix, un écossais avec qui je me suis bien entendue.

Juan nous faisait confiance pour tenir la maison puisqu’il est parti en vacances au bout de quelques jours. Pendant les premiers jours qu’il a passé avec nous, il a pris le temps de me faire visiter sa ferme et on a passé des soirées a cuisiner ensemble.

 

Le lieu

 

C’est une petite ferme dans laquelle Juan vivait depuis 3 ans. Niveau logement, c’était le grand confort, j’avais ma propre chambre et salle de bain. Les photos parlent d’elle-même. Les chambres dans cette partie de la maison servent aussi de gîte, c’est pourquoi elles sont aménagées avec goût. La cuisine est ouverte sur l’extérieur. Il y a un four solaire, un barbecue et un coin hamacs dans le jardin. Il y a aussi un salon avec une télé et une petite cuisine fermée où Juan allait parfois après manger le soir. Quand il est parti pendant quelques jours, il nous a proposé de profiter du salon si on voulait alors on a regardé des films le soir à l’occasion.

L’environnement de la ferme est juste magnifique. Je cite mon journal de bord de l’époque :

”C’est un lieu magique, les montagnes sont recouvertes d’une végétation vert/marron, le contraste avec les arbres verdoyants du domaine et les pêchers en fleurs est d’autant plus saisissant. Le climat semble idéal pour les pêches, nous en avons un plein congélateur. Les pêchers sont recouverts de petites fleurs roses qui laissent des pétales un peu partout. On y voit et entend de nombreux oiseaux, qui s’approchent très près de nous. J’ai même vu un colibri butiner des fleurs ! Pour contrebalancer tout ce calme, Huma, chiot de 3 mois, se charge de l’animation. Et il y a aussi un adorable chat, « Franela ». Nous disposons d’un magnifique panorama, à l’Est, sur des montagnes lointaines, qui changent sans arrêt de couleurs. Les levers et couchers de soleils sont incroyables, chacun bien unique. Il y a quelques jours, nous avons assisté à un phénomène de « nuage arc-en-ciel », des nuages entourant le soleil qui se teintaient donc des couleurs d’un arc-en-ciel. Les nuits sont tout aussi majestueuses, pas de pollution lumineuse pour nous gâcher la vue. Juste des cris de renards pour perturber la nuit.”

 

Les activités

 

C’est une petite ferme sans but lucratif où Juan fait pousser des légumes et de la luzerne pour nourrir les deux chevaux. Il y employait un “peon”, un gars de la ville voisine pour s’occuper de la ferme. Son nom m’est sorti de la tête mais il était très sympa, toujours à mâcher des feuilles de coca comme c’est la tradition dans la région.

 

Les tâches

Une tâche qui m’a bien occupé c’est le ramassage de cailloux, ennuyeux mais utile. Une rivière coule dans la vallée. L’été précédent, elle avait largement débordé et laissé énormément de cailloux dans les champs, il fallait donc en débarrasser un maximum. J’ai aussi fait des tâches de jardinage diverses, notamment retourné le compost. On a récupéré des graines de légumes et dépiauté de l’ail sec pour le replanter. On a utilisé les chevaux comme aide pour creuser des sillons pour semer une ou deux fois, ce qui m’a valu la photo où je fais semblant de le diriger.
J’ai passé pas mal de temps à construire une spirale aromatique. C’est une technique de permaculture. On doit y mettre les plantes qui ont besoin du moins d’eau en hauteur et celles qui en ont besoin le plus en bas. L’idée est venue à Juan d’une des volontaires qui a passé quelque temps chez son amie. Chose amusante, cette volontaire est passée dans un autre lieu de volontariat près de Córdoba quelque temps avant que j’y arrive. Et je l’ai su en voyant la spirale qu’elle avait construite, qui était bien plus petite que celle que j’avais faite, peut-être trop ambitieuse. Ça m’a pris du temps, il fallait empiler des cailloux pour former les murs et surtout que ça tienne. Et pas facile de faire tout ça quand on n’est pas habitué à vivre en altitude, je m’essoufflais vite et j’avais par moments des problèmes d’équilibre. Mais la vue, le calme, l’environnement étaient très relaxants, un cadre parfait pour travailler.

 

Pendant mon temps libre

 

Mission : internet

La mission pendant mes premiers jours libre : rentrer à Tilcara. Ce que j’ai dû faire parce que je n’avais pas de réseau et je ne pouvais pas prévenir ma famille que j’étais bien arrivée. J’ai donc entamé la randonnée en direction du village de Juella, où je me suis débrouillée pour commander un taxi. En ville, à Tilcara, direction le cyber café. En plus de contacter ma famille c’était aussi l’occasion de rechercher ma prochaine mission de volontariat. Au retour, j’en profitais pour ramener – dans la limite de ce que je peux porter – des petites choses qui nous manquaient. C’était parfois le cas du coca pour aller avec le Fernet que Juan nous avait offert, la boisson nationale (ne leur dites pas que c’est italien).

 

 

Week-end à Pulmamarca

J’ai passé un week-end à Pulmamarca, une ville voisine très touristique connue pour son marché et ses montagnes aux sept couleurs. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde, c’était presque un choc à côté de la ferme. J’ai même eu du mal à trouver une auberge où dormir. Et j’en ai trouvé une sympa, où j’ai sympathisé avec mes camarades de chambre humaines mais moins avec les punaises de lit malheureusement. Le paysage y est vraiment beau et j’ai passé du temps avec un groupe de gentils chiens errants durant mes balades.

 

Des moments passés ensemble

Don Juan qui nous a appris la vraie, la meilleure recette d’empanadas du monde. Parce qu’il n’y a que dans cette région d’argentine qu’on mange de vrais bonnes empanadas. Vous vous doutez bien que j’ai entendu le même discours dans chaque région, mais je ne demande qu’à être convaincue. Je vous donne la recette en fin d’article, en exclusivité… Allez je vous donne les recettes de tout ce que j’ai appris sur place.

J’ai apprécié les soirées passées à cuisiner ensemble, Juan nous traitait un peu comme ses enfants. Et pour ma dernière soirée, il nous a emmené en ville goûter le meilleur restauraurant à empanadas de la galaxie. L’employé de la ferme a aussi passé du temps à cuisiner avec nous, il nous a appris à faire le pastel de choclo (gâteau de maïs). Disons qu’en l’absence de Juan il était un peu plus relax.

 

Bilan

 

Même si j’ai travaillé, c’était une mission très relaxante. Et je trouve qu’il peut y avoir des vertus méditatives dans le tâches manuelles. Je ne me lassais jamais d’admirer le paysage, de photographier des petits oiseaux, de jouer avec le chien, d’embêter le chat. Je pense que cette atmosphère reposante tenait aussi au fait que Juan, Felix et moi avons un peu le même caractère, calme et avec un besoin de moments à soi. Je ne vous fait pas attendre plus longtemps, place aux recettes !

 

Recettes

 

C’est assez libre au niveau du dosage et à éviter si vous cherchez à manger léger.

 

Bomba de papa

Peler et couper de pommes-de-terre en tranches d’1 cm, les faire cuire dans de l’eau.
Préparer l’appareil : 1 oeuf, eau, farine, sel, herbes de provence.
Essorer les pommes-de-terre, couper du fromage en tranches fines.
Former des sandwiches de patates-fromage, les recouvrir de l’appareil. Les faire frire dans une poêle avec de l’huile ou de la graisse animale .

 

Guiso

Couper oignons, ail, tomates, carottes, aubergines, viande de boeuf et les faire cuire dans une marmite avec un peu d’huile. Ajouter des condiments au choix, de l’eau. Lorsque les légumes sont cuits, ajouter du riz ou des pâtes.

 

Tortas fritas

Faire une pâtes avec farine, eau et sel. Aplatir la pâtes et former des cercles. Les faire frire dans l’huile. Se mange avec du café au lait.

 

Authentiques empanadas de carne

Même pâte que pour les tortas fritas. Faire des œufs durs. Couper des oignons, olives et raisin secs. Les faire revenir, avec un de matière grasse et un peu d’eau. Ajouter ensuite du boeuf haché et des épices. Après la cuisson, ajouter les œufs coupés en petits cubes.
Former des cercles de pâte plats, y mettre un peu de mélange. Plier la pâte en deux et fermer en effectuant des torsions sur la partie de pâte qui dépasse. Faire frire (meilleur) ou cuire au four.
Sauce épicée d’accompagnement : mixer tomates, oignons et poivrons crus, avec du sel et de l’aji.

 

Pastel de choclo

Couper des oignons finement. Les faire cuire à la poêle dans beaucoup d’huile (apparemment en Argentine les oignons ne doivent surtout pas être caramélisés). On peut aussi y ajouter des poivrons.
Passer du maïs et de l’eau au mixeur. Ajouter les épices de son choix, de préférence sel, poivre, cumin, ail.
Le pastel se cuite à la poêle, avec des matières grasses, à faible température, couverte, à retourner après quelques minutes. Peut aussi se cuire au four.

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