Trouver une mission de volontariat à l’étranger

— Mis à jour le 18/07/2019–

En voyage, le meilleur moyen de connaître un lieu est de s’immerger pour quelques temps dans sa vie quotidienne. Le volontariat permet de vivre aux côtés d’habitants locaux, d’approfondir ses connaissances d’un domaine qui nous intéresse et aussi d’économiser de l’argent.

L’idée de base est d’échanger de la main d’oeuvre contre le gîte et le couvert. En réalité on y gagne bien plus. En réalité on y gagne bien plus. On a l’opportunité de vivre ce à quoi le touriste lambda n’a pas accès. On vit une véritable une immersion culturelle, en travaillant aux côtés de ses hôtes et en partageant des moments du quotidiens. On découvre les lieux et paysages « secrets » que seuls les locaux connaissent. J’ai rassemblé mes meilleurs conseils issus d’une quinzaine d’expériences de volontariat à travers le monde pour vous permettre de vous lancer.

Ok, cette photo c’est du bluff, il ne m’obéissait pas du tout.

De quoi parle-t-on?

Tout d’abord, redéfinissons le concept de volontariat tel que je l’entends ici. On parle d’échanger quelques heures de travail par jour contre de quoi manger, un lit (ou un hamac, on s’adapte au style local) et l’opportunité de découvrir et partager le quotidien de ses hôtes. Il peut s’agir d’une personne qui a besoin d’aide pour développer sa ferme bio, d’une couple qui a besoin d’un coup de main pour tenir sa maison d’hôtes, d’une communauté qui cherche du monde pour faire de l’éco-construction, d’une famille qui a envie que quelqu’un parle aux enfants dans une langue étrangère, d’une mamie qui a besoin d’aide pour de petits travaux de bricolage.  Il y a de tout et surtout chaque expérience promet d’apporter son lot de nouvelles connaissances et de rencontres.

 

Ne pas confondre avec le « volontourisme »

Certains organismes proposent des missions clé en main : ils vous trouvent une mission et une famille pour vous accueillir, vous ne vous occupez que de faire vos bagages. Mais vous devez aussi verser une assez grosse somme d’argent. Vous pouvez alors vous retrouver à faire des selfies dans une réserve avec des animaux sauvages ou avec dans un orphelinat avec des enfants (qui ne sont pas forcément orphelins). Mais vous n’apportez au final pas grand chose au projet que vous intégrez alors que votre intention première était de donner votre temps pour une cause juste.
Je vous conseille cette page scoop-it sur le volontourisme, quand on vend de la mission humanitaire aux touristes. D’autres médias parlent du tourisme humanitaire, comme Libération ou France Inter. Bref, prenez le temps de réfléchir aux raisons qui vous poussent à faire du volontariat et à la contribution réelle que vous allez apporter avant d’accepter une mission. Lorsque vous voyez une offre trop alléchante, posez-vous des questions. De plus, le volontariat fonctionne sur la base d’un échange équitable, sous quel prétexte vous demanderait-on de verser l’équivalent d’un salaire mensuel local pour une semaine de travail?

Si vous avez la flemme de lire un des articles en lien, cette petite vidéo « L’humanitaire, c’est comme la plomberie, c’est un vrai métier » résume bien le sujet :

Certains organismes sont certainement plus sérieux mais ce dont je parle dans cet article, c’est de missions que vous trouverez tout seuls, comme des grands. Il n’est pas indispensable d’être sur place pour commencer à chercher et vous serez – quasi – certain de vivre une expérience authentique.

 

Où chercher sa mission?

Page d’accueil wwoof.net

Les sites d’offres de mission

Il existe de plus en plus de sites et applications qui mettent en relation volontaires en hôtes en permettant aux hôtes de diffuser des offres. En général, une adhésion est demandée pour pouvoir accéder aux offres.

  • Wwoof est le pionnier dans le domaine du volontariat, spécialisé dans les missions dans des fermes qui pratiquent l’agriculture biologique. Il s’agit d’un mouvement mondial qui s’est décliné dans de nombreux pays dans le monde. L’organisation Wwoof de chaque pays gère son propre site internet. Il va donc falloir payer une nouvelle adhésion pour chaque pays. De mon expérience, certains des ces sites sont moyennement bien construits, les offres pas toutes à jour et les inscrits n’ont pas la possibilité de laisser de commentaires.
  • Workaway est celui que je préfère, on s’y abonne pour un 36€ par an pour et on accède à des offres du monde entier.  On peut faire des recherches par lieux, activités proposées ou juste mot-clé au choix. Le site est pratique et on peut y trouver pas mal d’avis laissés par les volontaires comme les hôtes. On peut sauvegarder les offres qui nous intéressent et se laisser des notes personnelles, ce qui évite de devoir relire les profils à chaque fois qu’on fait une recherche. On peut aussi indiquer les dates et lieux de nos futurs voyages pour être contacté par des hôtes ou par d’autres volontaires qui cherchent des compagnons de voyage.
  • Helpx ressemble beaucoup à workaway. On ne paye que 20€ pour deux ans pour un profil premium. On peut opter pour l’inscription gratuite, à ce moment-là il faudra attendre d’être contacté par un hôte qui aura payé. Je l’ai utilisé au début de mes aventures mais je le trouve moins agréable à utiliser que workaway. Le site est un peu daté et je ne trouvais pas beaucoup d’avis laissés par des volontaires.
  • Vogue avec moi. Jamais testée personnellement mais chaudement recommandé. Comme son nom l’indique, ce site est dédié à l’univers de la navigation. C’est une bourse aux équipiers où les profils recherchés sont variés, expérimentés ou non.

Prenez le temps de bien rédiger votre profil sur ces sites, il est important de montrer que vous prenez les choses au sérieux.

 

Le bouche-à-oreille

Vous pouvez aussi récolter de bonnes adresses grâce au bouche-à-oreille. Si en cours de route quelqu’un vous parle d’un lieu de volontariat exceptionnel, d’amis à eux qui accueillent de volontaires, pourquoi ne pas demander le contact ? C’est comme ça que je me suis retrouvée volontaire dans un temple bouddhiste taïwanais au Paraguay. Mais c’est une autre histoire.
Vous pouvez même démarcher des lieux qui n’ont pas recours aux volontariat pour leur proposer d’essayer.

 

 

Choisir la zone géographique

Deux solutions pour choisir le lieu où vous allez rechercher du volontariat :
Si vous avez un itinéraire défini, je vous conseille de chercher des missions qui s’y intégreront. Dans le cas où la mission ne se passerait pas aussi bien que prévu, vous auriez moins de difficultés à rebondir.
Si vous n’êtes pas très adepte de l’organisation, vous pouvez commencer à chercher une mission une fois dans le pays et construire votre itinéraire en fonction des missions, tout en étant prêt à faire évoluer votre parcours au fil du temps.
Prenez aussi en compte le climat, surtout si vous prévoyez de travailler en extérieur.

 

Quand commencer les démarches?

Sur des sites tels que wwoof, workaway ou helpx, de manière générale je conseillerais de s’y prendre 2 à 3 semaines à l’avance. Mais tout dépend de la zone géographique et de la fréquentation du lieu où vous voyagez. Si 2 semaines suffisaient en Argentine par exemple, ça a été tout autre chose en Nouvelle-Zélande. C’est un pays où il y a une beaucoup de voyageurs, spécialement l’été. Le coût de la vie étant assez élevé (à peu près comme en France), beaucoup étaient à la recherche de missions. Certains hôtes étaient « complets » des mois à l’avance. Certains hôtes accueillent des volontaires toute au long de l’année, alors pour que tout fonctionne bien, ils s’arrangent pour qu’il n’y ait pas trop de personnes en même temps.

Bien sûr, on peut parfois trouver des offres de dernière minutes, il y a d’ailleurs une section consacrée à ce type d’offres sur le site workaway.

 

Des avis laissés par des volontaires et des hôtes sur le site workaway

Lire les avis!

Pour savoir si un lieu de volontariat vaut le coup, lisez attentivement les avis laissés par d’autres volontaires. Ils donnent souvent des informations qui vous permettront de mieux comprendre comment se déroulent les missions. En cas de doute, il est peut même être possible de contacter les anciens volontaires directement. Si une offre vous plaît mais que l’hôte n’a pas encore de commentaires, échangez avec lui jusqu’à ce que vos doutes aient disparus.

 

Décortiquer l’annonce

Lisez bien ce qui est demandé en terme de tâches et ce qui est proposé en contrepartie. Il peut arriver qu’on vous demande de contribuer pour le coût de la nourriture, à vous de juger si cette demande est raisonnable. Je trouve en revanche anormal de devoir payer un montant supérieur à ce qu’il faut pour se nourrir et se loger dans la région. On est là pour apporter sa contribution sur un projet, par pour séjourner dans un lieu pittoresque en pension complète.

Prêtez aussi attention aux informations concernant les hôtes, qui prennent généralement le temps de se présenter. Est-ce une personne seule? Une famille? Parlent-ils au moins une langue que vous pratiquez? Accueillent-ils plusieurs volontaires à la fois? Vous avez certainement une idée des conditions de vies que vous recherchez sur place et ces éléments vous permettront de vous décider pour postuler.

 

Prendre contact

Prenez soin de bien rédiger votre mail de demande volontariat. Il doit être concis, personnalisé et montrer votre motivation spécifiquement pour la mission que vous visez.
Dans la mesure du possible, j’évite d’envoyer plusieurs mails à la fois parce que je ne trouve pas très correct de devoir annuler lorsque plusieurs réponses sont positives. Seulement, à certains moment je n’ai pas eu le choix, notamment lorsque je n’avais accès à internet que très rarement.
Et ne vous découragez pas, la mission de vos rêves est là quelque part, elle n’attend que vous. La plupart des hôtes répondent aux messages, ils n’ont parfois pas le temps de répondre ou pas accès à internet alors laissez passer 4-5 jours avant de considérer que c’est négatif.

 

Un doute?

Si certains éléments sont flous dans l’offre ou dans les réponses que vous recevez par mail, notamment au niveau des contreparties proposées, n’hésitez pas à poser des questions. Si une compensation est demandée pour la nourriture, mieux vaut s’accorder à l’avance sur le montant, et surtout, comme je le disais précédemment, il est important pour vous de juger personnellement si les raisons de cette demande sont légitimes. Confirmez aussi les horaires de travail ou le temps de travail demandé par semaine si cela vous semble nécessaire.

N’hésitez pas à annuler si quelque chose vous semble suspect, surtout si vous devez faire un long trajet pour vous rendre sur place. Un conseil issu de mon expérience (ceci-dit, les autres volontaires étaient très sympas alors je n’ai pas tout perdu en y allant).

Mission de volontariat dans l’éco-construction

Relancer

Renvoyez un mail peu avant votre arrivée pour confirmer que vous êtes en route. On ne sait jamais, des fois qu’un hôte mal organisé ait oublié votre arrivée. Je conseille également ça par expérience malheureusement. Ça permettra aussi à votre hôte d’être rassuré de son côté.

 

Arriver équipé

Pensez à amener gants/bottes avec vous en voyage, ou à en acheter en route si vous êtes amené à travailler de manière répétitive dans des fermes. Certains lieux en prêtent aux volontaires, mais pas forcément en bon état. Et en voyage, un petit bobo peut rapidement dégénérer et devenir handicapant.
Pensez aussi à souscrire une assurance maladie/rapatriement, c’est conseillé (indispensable même) pour tous les voyageurs. Vos hôtes pourront demander la preuve que vous en avez bien une, même si on ne m’a jamais demandé de justificatif jusqu’à présent.
Si vous partez dans un lieu isolé, pensez à l’essentiel de survie, comme un lampe de poche s’il n’y a pas d’électricité sur place.

 

Une fois sur place

Une fois arrivé sur le lieu de votre mission, hé bien c’est du bon sens. On respecte les hôtes, co-volontaires, collègues et leur mode de vie. On fait des efforts pour toujours parler dans une langue compréhensible d’un maximum de personnes (même s’il y a d’autres volontaires francophones avec vous hein). Si on décide de partir plus tôt que prévu, on prend le temps d’en expliquer les raisons à son hôte. Si ça ne se passe pas aussi bien qu’espéré, on laisse un avis sur le site, mais après un petit délai, le temps d’y réfléchir à froid. On laisse aussi un avis quand ça se passe bien évidemment ! Bref on reste civilisé parce qu’un système fonctionne mieux si tous les membres se montrent respectueux.

 

Vous savez tout, reste plus qu’à se lancer!

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