Trek en Thaïlande – 1e partie

Trek en Thaïlande

Plutôt habituée à faire des randonnées seule, j’ai opté pour un trek de 3 jours avec guide et en groupe lors d’un voyage en Thaïlande. Je ne savais pas à quoi m’attendre avant de me lancer alors je vous propose l’article que j’aurais aimé lire avant de partir à l’aventure.

Faites le plein d’énergie, ont part pour Doi Inthanon, l’un des 130 parcs nationaux du pays. On va traverser jungle, rizières, plantations de bananiers et de fruits de la passion. Notre guide va nous amener à la rencontre de sa famille, dans son village au milieu de la montagne. On passera aussi des soirées autour de feux de camp. Et si vous avez chaud en ce moment, imaginez faire une randonnée avec cette température en version beaucoup plus humide. Heureusement, on se rafraîchira sous de belles cascades.

 

Première étape, réserver l’excursion

J’ai décidé de partir en Thaïlande le 19 septembre 2017. De nombreuses personnes me disent que ce n’est pas la bonne saison pour y aller, jusqu’au personnel de ma compagnie aérienne lorsque je fais mon check-in à l’aéroport. Au final, la période s’avérera idéale puisque la saison des pluies est en train de s’achever mais la saison touristique ne bat pas encore son plein. Alors j’essuierai quelques averses mais je passerai un merveilleux séjour.

Après avoir passé quelques jours à Bangkok, je pars pour Chiang Mai, dans le nord, célèbre pour ses beaux sites de randonnée. J’imaginais naïvement qu’il suffisait de se procurer une carte détaillée du parc le plus proche, d’y aller à pied depuis la ville et de suivre tranquillement les chemins balisés. Ça ne se passe pas réellement comme ça.

 

À Chiang Mai, haut lieu de la rando

En arrivant, je commence par chercher à faire des activités « nature » et me retrouve un peu désemparée. Dans mon auberge, tout un tas de prospectus proposent des journées de rafting, des visites de parcs à éléphants, des rencontres avec des tribus, des cours de cuisine, de l’accrobranche, le tout pour des tarifs exorbitants, souvent 2500 bahts par jour (64 € à l’époque). Je suis partie pour un an de voyage et je n’ai pas un budget me permettant de dépenser cette somme dans la journée. À titre de comparaison, un repas coûte en général 100 bahts (2,5 €), mais on peut aussi très bien manger pour 30 bahts. Je ne sais pas trop quoi faire. Certains forum conseillent de louer un scooter et de partir à l’aventure pendant plusieurs jours mais je ne sens pas l’âme si aventurière.
Je décide alors, accompagnée de Léa, rencontrée à Bangkok et avec qui je partage quelques semaines de voyage, de faire le tour des agences locales pour trouver l’excursion de nos rêves. Je veux faire de la randonnée et elle veut voir des éléphants. On trouvera un compromis.

 

Ça se précise

On fait donc un tour en centre-ville, on rentre dans plusieurs lieux après avoir vu des affiches proposant des treks en devanture. Ce sont des maisons d’hôtes et une agence de location de véhicules, ils fouillent dans le tas de prospectus qu’il y a sur leur bureau mais ne connaissent manifestement pas le sujet. On arrive enfin dans une agence de tourisme. Diddy nous accueille chaleureusement et sait parfaitement de quoi elle parle puisqu’elle a elle-même été guide touristique. On choisit un séjour de trois jours dans le parc national Doi Inthanon, comprenant une rencontre avec des éléphants et rafting le premier jour, puis deux jours de marche dans la jungle et baignades dans des cascades. On dormira dans des maisons en bambou, on nous avertit qu’il n’y aura pas d’électricité. Le groupe comprendra dix personnes maximum. Après un coup de fil passé auprès d’un certain M. Mannit, on apprend qu’on sera quatre au total. Le montant du séjour est de 2000 Bahts (soit environ 51 €). Diddy nous dit que tout est compris, transport, nourriture et guide. “Vous n’aurez que les bières à payer si vous voulez boire un coup le soir.”

L’adorable carte de notre intermédiaire Diddy, avec qui nous avons réservé le trek

 

Premier jour

On vient nous chercher en minibus devant notre auberge de jeunesse. On s’arrête à deux endroits différents pour récupérer les autres participants. Finalement, on sera huit. On s’arrête dans un marché où on nous dit d’acheter de l’eau et de quoi se couvrir en cas de pluie. On se rend alors compte que l’eau potable ne compte pas dans le “tout compris”, on en achètera régulièrement pendant le séjour. On a 15 minutes pour faire nos emplettes. Le marché semble spécialisé dans le départ en trek car on y trouve tout ce qu’ils faut. Pressentant que j’ai largement le temps, je prends des nouilles, le fameux “pad thai” en guise de petit déjeuner.

Marché où on s’arrête pour le ravitaillement

On reprend le minivan après 50 minutes, le chauffeur a acheté de quoi cuisiner notre repas du soir. On s’arrête à différents endroits pour prendre des gens et en déposer d’autres, personne ne nous parle vraiment. Il semblerait que notre trek soit en pleine organisation. On rencontre brièvement le fameux M. Mannit, que Diddie nous avait indiqué, certainement le patron de l’agence. On apprend que la rencontre avec les éléphants et le rafting se feront finalement le dernier jour. Je préfère cet ordre-là, la difficulté de la randonnée au départ pour finir par le plus “fun”.

 

Les choses sérieuses commencent

On arrive enfin au début de la randonnée, je vous aurais bien donné la durée du trajet en minibus mais j’étais trop occupée à finir ma nuit pour voir le temps passer. On fait connaissance avec Popo, notre guide. Puis on commence par dix minutes de marche jusqu’à la première cascade. Magnifique, on peut même prendre un chemin pour se retrouver derrière le rideau d’eau de la cascade, où se trouve une statue de bouddha.

 

On entame ensuite les choses sérieuses : de la randonnée en montée dans la jungle. Le rythme est soutenu et l’ensemble des participants a beau être jeune (nous avons tous entre 20 et 30 ans), c’est difficile pour tout le monde. L’humidité, la chaleur et la marche combinés nous obligent à prendre pas mal de pauses. Parvenue au premier espace dégagé, je comprends tout de suite que le jeu en vaut la chandelle. La vue est incroyable, des montagnes à perte de vue dans plusieurs nuances de couleurs entre jungle, rizières en escalier et plantations de bananiers. On fait régulièrement des pauses dans des abris construits près des rizières, constitués d’une structure en bois et d’un toit en feuilles tissées parfois couvert de tôles.

Une belle vue en récompense de la montée

Premier village

On arrive dans un village à l’heure du déjeuner. Toutes les maisons sont en bois, surélevées, il y a des cochons, des poules, des chiens, des chats qui se baladent. On s’installe sous un abris pour manger, on est à protégé du soleil mais la chaleur se concentre sous le toit en tôles. C’est notre guide qui a transporté notre repas, du riz frit aux légumes, chaque portion emballée dans une feuille de bananier ainsi qu’une pastèque et un ananas que l’on partage. Étrangement notre guide, comme la famille chez qui l’on est, ne mangent pas avec nous. On s’y habituera puisque tous nos repas se dérouleront ainsi. On nous propose d’acheter à boire et des bracelets faits main. On reprend la route, on alterne toujours jungle et rizières et on s’arrête pour de baigner au pieds de belles cascades.

 

Soirée autour du feu

En fin d’après-midi, on arrive dans une maison en bambou où on passera la nuit, un genre de refuge prévu pour accueillir les voyageurs. Dans une pièce fermé, (notion relative vu qu’il y a 2 cm d’écart entre les troncs de bambous qui constituent les murs et le sol ), de fins matelas sont alignés, ainsi que des sacs de couchage, oreillers et moustiquaires. On peut enfin prendre une douche, car à défaut d’électricité, l’eau ne manque pas dans la montagne. On retrouve une autre randonneuse et son guide, un personnage, qui fera à lui seul l’animation de la soirée. Il nous propose un cours de cuisine, qui se révèle assez décevant puisque les épices sont en fait des sachets de mélanges tout prêts. Ça reste tout de même un moment amusant. On mange à la lumière des bougies, les photophores sont des bouteilles d’eau en plastique coupées en deux. Il se met à pleuvoir et on est heureux d’être à l’abri. Après cet épisode, on se retrouve tous autour d’un feu de camp. Je comprendrai le deuxième soir pourquoi notre guide semble tant raffoler des feux de camps. C’est l’occasion de créer une ambiance chaleureuse, propice à la consommation de bières, payables en suppléments. C’est plutôt de bonne guerre.

 

 

Deuxième jour

On nous a annoncé le petit déjeuner à 9h pour un départ à 10h. Tout le monde s’attable vers 9h, on boit un thé ou un café soluble en attendant que le repas soit prêt. Ce sera un œuf dur et des toasts avec de la margarine et quelque chose qui a l’aspect et l’odeur de la confiture mais que je ne souhaite à personne de goûter. Une dame qui a aidé à cuisiner la veille brûle des emballages plastiques dans le coin cuisine puis prépare des nouilles et les emballe dans des feuilles, ce sera notre repas du midi.
On démarre la marche à 11h passées. À nouveau la jungle, l’humidité et des chemins devenus boueux et glissants après la pluie qu’il y a eu la veille et une partie de la nuit. On est obligés de presser le pas à cause du retard qu’on a pris alors il faut choisir entre admirer le paysage où regarder où on met les pieds.

Un parcours plein d’épreuves

On rencontre le frère de Popo – Kit me semble-t-il – qui nous fait goûter une cigarette roulée dans une fine feuille de bananier. Il agrémente le tabac d’un ingrédient secret mais « pas illégal » dit-il. On peut en être assurés car Popo est policier dans son village, c’est de là que lui vient ce surnom.

S’il se montre plutôt taciturne durant la première journée de marche, notre guide nous réserve des surprises pendant la suite du périple. À force de questions, on en apprend peu à peu sur lui. Il a 29 ans et dit avoir officiellement arrêté son activité de guide il y a 10 ans. S’il nous sert de guide, c’est parce qu’il est en vacances en ce moment. Il est en effet policier dans son village natal où il est fier de nous amener le soir-même. Il dit que c’est assez calme et que le gros de son travail consiste à dissuader les jeunes hommes de boire et conduire.

Le midi, on s’arrête dans une maison en bambou tout près d’une cascade. On se baigne dans la rivière avant de manger nos déjeuners encore tièdes.

Lunch box

 

Suspense…

Que va-t-il se passer ensuite ?

Est-ce que je vais rencontrer des difficultés à traverser les ponts en bambou ? Oui, ça fout les chocottes. Le guide essaiera-t-il de nous perdre dans la montagne ? Va-t-on devoir faire un grand détour parce qu’une vache se trouve en plein milieu du chemin et que le guide en a peur? Les hollandaises parties faire de la rando en converses (ou autre chaussures inadaptées dont je ne me souviens pas) vont-elles continuer à glisser, tomber et pleurnicher tout le long du chemin ? Tous les membres du groupe ressortiront-ils indemnes de la descente en rafting?
Des réponses et des conseils pour préparer son sac dans le prochain article !

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