Trek en Thaïlande – 2e partie

Retour dans la jungle thaïlandaise. Dans l’article Trek en Thaïlande – 1e partie, je vous racontais comment j’avais réservé cette randonnée guidée à travers le parc national Doi Inthanon. Je parlais du départ de Chiang Mai, d’une journée et demie de rando et de moments partagés avec mes 8 compagnons de marche, notre guide et des personnes rencontrées en route.

On vient de prendre notre déjeuner, des nouilles sautées au légumes, au bord d’une jolie cascade. On se repose un peu, on se baigne et on repart tout frais pour une nouvelle après-midi de marche. On alterne jungle et champs. Dès que la vue est dégagée, le spectacle est magnifique :

 

On voit plusieurs cascades pendant la journée et traverse différents villages. Certains sont très ruraux d’autres plus grands et plus faciles d’accès. La plupart des gens se déplacent en deux roues mais certains ont des pick-up ou quatre-quatre. Je suis rassurée de constater que la traversée des villages ne tient pas du divertissement pour touristes. Certaines filles du groupe sont déçues de ne pas voir de cérémonies menées par des femmes en costume traditionnel comme elles l’ont vu sur les prospectus. Popo explique qu’il s’agit des tenues spéciales pour le jour de Bouddha, qu’on les met sur les brochures uniquement pour attirer les touristes. J’apprécie donc le naturel de ces visites, leur authenticité. D’ailleurs on ne visite pas vraiment, on traverse juste les villages.

 

On croise aussi des gens qui travaillent dans leur ferme et on peut voir qu’ils utilisent des outils traditionnels. D’après Popo, notre guide, beaucoup ont recours à l’agriculture biologique qui se développe en Thaïlande et serait même soutenue par l’Etat. Il y a aussi des poubelles de tri dans les villages mais personne ne semble faire de compost alors on jette nos emballages de déjeuner en feuille de bananier à la poubelle avec le plastique. Et les chemins dans la forêt sont parsemés de déchets plastiques.
On voit toutes sortes de cultures, des bananiers, des fruits de la passion, des papayes, du maïs, du café. Tout pousse.

 

Plusieurs fois dans la journée, Popo nous fait des blagues. Il nous laisse passer devant et on se rend compte après avoir gravi une pente qu’il ne nous suit pas et a pris un chemin plus facile. Ou alors il nous indique une direction (toujours en montée bien sûr) et attend qu’on soit en haut pour nous crier que ce n’est pas le bon chemin. Les deux premières fois nous font rire mais n’étant pas habitués à marcher par 30°C et BEAUCOUP d’humidité, on arrive assez rapidement à bout de patience. Pour rendre la pareille, on refuse de repartir en arrière, le forçant à venir nous chercher à deux reprises. Et on finit par lui dire que ça ne nous amuse pas.

Il nous montre des plantes assez incroyables comme celle qui permet de faire des bulles avec la sève présente dans les tiges des feuilles. Il nous montre l’arbre dont l’écorce sert à faire du baume du tigre.

Démonstration de « bubble plant »

 

Globalement cette journée est moins éprouvante que la précédente car on fait moins d’ascensions mais on marche davantage et la fatigue commence à s’accumuler. Un autre point positif, comme on est sortis de la jungle épaisse, les paysages sont plus diversifiés.

 

Après l’effort…

Le soir on rejoint le village de notre guide, il y a grandi et y vit. On arrive chez son frère, on rencontre sa belle-sœur et son neveu. Ils ont construit une maison en bambou spécialement pour accueillir les visiteurs, elle est beaucoup plus luxueuse que leurs maisons. Il ont une petite maison qui semble être une chambre et une autre qui est la cuisine.

 

On se relaie pour se doucher. Il y a deux salles de bain, plutôt bien aménagées. Un tuyaux en hauteur pour la douche et une ficelle pour pendre les vêtements. Il y a même des toilettes sur lesquelles on peut s’asseoir. De quoi ravir des européens.

Ils cuisinent le repas tous les trois et nous l’apportent. Certainement le meilleur repas que j’ai fait dans ce pays. On ne mange pas avec nos hôtes encore une fois mais Popo reste à table avec nous pour faire la conversation. Tout d’abord il s’excuse platement pour nous avoir ennuyés avec ses blagues pendant la journée et je crois qu’on se sent alors tous coupables de s’être plaints. Il nous parle de son boulot de policier dans la ville, d’ailleurs le soir-même, de minuit à deux heures du matin, il patrouillera en ville pour surveiller les “garçons qui boivent et conduisent”. Des personnes du groupe lui montrent une amende qu’ils ont reçu en faisant du scooter et qu’ils trouvent injustifiée. Popo nous dit qu’en effet de nombreux policiers sont corrompus en Thaïlande et cherchent à tous prix à extorquer des sous aux étrangers.

On continue la soirée autour d’un feu de camp. La famille de Popo ne parle pas anglais mais on arrive à échanger un peu. On apprend quelques mots en anglais à son neveu, Popo apprend à compter en français, on essaye d’apprendre à compter à thaï. Il nous apprend que sa belle-sœur avait 13 ans lorsqu’elle s’est mariée, son frère en avait alors 17. Il nous dit qu’il est fréquent que les mariés soient jeunes, car il n’est pas toléré qu’un garçon et une fille se fréquentent plus de 3 mois sans se marier. Ou alors ils doivent quitter le village. Les traditions ont la vie dure.

 

Troisième jour

Le matin du dernier jour, il est prévu qu’on parte à 10h et comme la veille, on démarrera avec une heure de retard. Je comprends que l’on n’ait pas tous un grand sens de la ponctualité – moi la première – mais dans ce cas précis, ça implique de commencer à marcher alors qu’il fait déjà très chaud, de marcher vite pour rattraper le retard et de passer très peu de temps à chaque cascade. On n’a pas non plus le temps de s’arrêter pour regarder le paysage ou faire des photos sous peine de perdre le groupe. J’ai l’impression d’avoir globalement assez peu profité du paysage, les yeux rivés sur le chemin pour éviter de glisser sur un rocher mousseux, de marcher dans une flaque de boue ou de foncer tête la première dans une toile d’araignée, sa créatrice en plein milieu.

 

Rencontre avec les éléphants

Nous nous arrêtons au bord de notre dernière cascade avant de rejoindre un village où nous mangeons dans un restaurant-épicerie. Vient ensuite le moment tant attendu des éléphants. On nous donne quelques bananes chacun et on marche jusqu’à un coin d’herbe où trois éléphants et leurs dresseurs nous attendent. On peut leur donner des bananes et les toucher pendant quelques minutes. On descend ensuite avec eux jusqu’à la rivière en contrebas où on nous donne des bassines pour les arroser. Les dresseurs font faire des tours aux éléphants : ils se couchent dans l’eau, nous arrosent avec leur trompe et font des signes de tête en échange de bananes – et quelques coups – offerts par les dresseurs. Je n’apprécie pas tellement l’expérience, qui rappelle davantage le cirque qu’une rencontre respectueuse des animaux comme promis.

Il faut savoir que suite à la mauvaise publicité sur les réseaux sociaux et médias occidentaux concernant la manière dont étaient traités les éléphants d’attractions touristiques, les thaïlandais se sont adaptés. Partout dans les agences proposant des excursions, ou sur les prospectus, on n’oublie pas de mentionner “no riding”, on ne monte pas les éléphants. On parle de sanctuaires à éléphants, de lieux où on peut s’occuper d’eux plutôt que de les exploiter. Il semblerait que certains lieux accueillent en effet des éléphants maltraités par le passé pour le plaisir des touristes, mais difficile de savoir s’ils sont tous réellement éthiques.

Je me pose la même question à propos des agences de tourisme qui se veulent toutes respectueuses de l’environnement et des populations. La nôtre s’appelle « Eco-tour » et pourtant on ne parle jamais du traitement de nos déchets, on brûle nos emballages plastique, on abandonne des mégots de cigarettes et certains emballages dans la nature.

C’est l’heure du casse-croûte pour les éléphants

 

Balade sur l’eau pour terminer

On part ensuite faire du rafting. J’appréhende un peu, moi qui ne raffole pas de sensations fortes. En réalité, on descend la rivière sur un radeau en bambou conduit par une sorte de “gondolier”, équipé d’une longue tige de bambou.  Je suis rassurée dès que je vois qu’il a un sac avec lui, je comprends qu’on ne va pas tomber à l’eau. La descente est très calme. On passe quelques rapides mais grâce à la taille de l’embarcation, qui est très longue, on n’est pas du tout bousculés. On nous fait même descendre au moment où les rapides sont un peu forts et on fait quelques mètres à pieds avant de remonter. Donc une balade calme au fil de l’eau, dans un beau décor de jungle.

On retrouve notre minibus et on rentre à Chiang Mai en fin d’après-midi. Vers 16h-17h. Léa – avec qui je voyage à ce moment-là – et moi décidons de changer d’auberge pour rejoindre celle de nos compagnons de trek. Je vous la conseille, elle s’appelle Glur Hostel, bien située, un prix raisonnable (220 Bahts mais ça varie selon la fréquentation) et surtout un piscine, qui nous permettra de nous détendre après ces 3 jours de belle aventure !

 

Bilan du séjour

Je ne savais pas à quoi m’attendre en partant pour ce trek, j’avais peur de tomber dans un piège à touristes. Les prospectus parlaient de rencontrer des “tribus des montagnes” et la sonorité coloniale me déplaisait. On a en réalité rencontré des gens qui vivent simplement en milieu rural, certes certains n’ont pas d’électricité et vivent de manière plus traditionnelle qu’en ville mais de là à parler de tribu… Certaines maisons sont équipées de panneaux solaires et de télévision. Bien sûr tout le monde possède un smartphone.

Et puis je tentais l’aventure pour la partie randonnée. L’étape éléphant-rafting m’important peu, je n’avais aucune attente alors je ne peux pas vraiment dire que j’ai été déçue. Ce n’était en tous cas pas le temps fort du séjour.

En réalité pour moi la seule partie négative du séjour était celle liée à la situation de groupe, inévitable. On doit se conformer aux horaires. Et marcher, manger, dormir, attendre quand on nous le dit. J’aurais commencé à me lasser s’il y avait eu un quatrième jour.
Comme on était en basse saison, on n’a quasiment croisé aucun autre touriste, seulement trois autres groupes accompagnés de guides. J’ai aimé ce sentiment d’être les seuls à explorer la montagne.

 

Quelques conseils

Si vous tentez un trek dans cette région, partez équipé pour la marche, chaussures de randonnée impératives. On marche une dizaine de km par jour. Il faut être en bonne condition physique pour pouvoir le faire ou être au minimum en capacité de supporter la chaleur et l’humidité. Il faut aussi s’attendre à croiser quelques insectes en chemin, on est chez eux après tout.

Ça reste entre nous mais si comme moi vous voyagez hors saison, sachez que le touriste se faisant rare, les tarifs des excursions sont négociables…

 

Ce qu’il faut amener

La plupart des auberges de jeunesse et hôtels acceptent de garder les bagages le temps de partir en excursion.
Partez avec le minimum mais pensez à prendre :
– Des chaussures de randonnée
– Deux shorts
– Deux ou trois tee-shirts
– Des sous-vêtements de rechange bien sûr
– Maillot de bain
– Serviette
– Une paire de tongs ou autres chaussures légères à porter le soir
– Un k-way pour la pluie et les soirées légèrement fraîches
– Shampoing et savon
– Anti-moustiques
– Crème solaire
– Casquette
– De l’argent pour acheter de l’eau
– Des snacks (cacahuètes ou autres) pour les petits creux de l’après-midi
– Une lampe de poche
– En option : un matelas gonflable ou tapis de sol si vous êtes fragile car on a dormi sur des matelas que je pense traditionnels, d’à peine quelques centimètres d’épaisseur et bien fermes.
– Le tout dans un sac à dos de 10 à 15 litres maximum

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