Rencontre : Alec, laotien d’adoption – 1e partie

Novembre 2017, 1,5 mois après être arrivée en Asie du Sud-Est, je démarre une mission de volontariat qui durera seulement une dizaine de jours mais sera une expérience marquante. Une immersion dans un petit village laotien et dans la vie de personnes peu ordinaires.

C’est Alec qui m’accueille sur place, il est uruguayen et la légende raconte qu’il a été “adopté” par la famille dans laquelle il vit il y a une quinzaine d’années, alors qu’il voyageait seul avec son sac à dos. A cette époque, il n’y avait pas autant de distributeurs automatiques qu’aujourd’hui. Et le hasard a fait qu’il s’est retrouvé sans argent et plus ou moins perdu près du village de Kasi. Le père de famille, surnommé “Le Capitaine”, le rencontre dans la rue et le recueille. Il lui offre le gîte et le couvert, on vent même des poules pour permettre à Alec de s’acheter un billet de bus pour rejoindre la capitale où il pourra enfin trouver un distributeur et retirer de l’argent. C’est là que tout commence. Alec reviendra sur place régulièrement pour finalement s’y installer.

A gauche « Moustique » et son mari. Puis Alec qui boit du maté comme tout uruguayen qui se respecte. Ensuite le « Capitaine » qui est le grand-père de Moustique, puis Marga, et enfin la fille du Capitaine qui porte Nola, sa petite-fille.

Il vit donc avec cette famille dont il a vu grandir les enfants et avec qui il tient une maison d’hôtes, construite il y a peu sur leur terrain. La maison d’hôte c’est un long bâtiment où sont alignées des chambres avec salles de bain (un petit luxe dans le coin) qui donnent toutes sur un long balcon avec vue sur la rivière. Une autre partie du lieu est la pièce commune, couverte mais pas entièrement fermée. Avec le climat qu’il y a sur place, pas la peine de s’abriter du froid, seulement de la mousson.

Je ne vais pas vous dire de suite ce que j’ai fait sur place, je vous laisse découvrir la « mission » des volontaires au travers de cet article. C’est un peu une personnalité Alec, toujours à philosopher et à amuser la galerie, alors j’avais envie le laisser vous présenter le lieu dont il s’occupe.

On fait l’interview le dernier jour, au moment où on attend le bus qui m’amènera à ma prochaine destination. On est donc au bord de la route, dans une station service locale, reconnaissable aux quelques bouteilles de coca remplies d’un liquide rouge posées sur un comptoir. La famille qui tient ce commerce n’est pas dérangée de nous avoir là sur leur terrasse à traîner. Ils nous proposent des chaises et même de manger avec eux.

On attendra un bon moment au final, les horaires des bus étant quelque peu approximatives. La notion de temps est un peu différente dans cette partie du monde, on s’y fait très bien. Des poules courent autour de nos pieds, des femmes passent régulièrement dans la rue chargées de kilos de branches qui serviront à faire du feu. On est près de la maison d’hôtes, on peut voir le panneau Nola Guesthouse au bord de la route. Et on est trois, il y a aussi Margarita (oui comme la pizza et oui comme le cocktail elle vous dirait) une espagnole qui était là en tant que cliente depuis quelques jours et avec qui je voyagerai quelque temps par la suite.

Le panneau de la maison d’hôtes.

Passons à l’interview :

 

On a peu de temps devant nous (naïve je pensais encore que le bus serait à l’heure) alors je vais passer les premières questions si ça te va et entrer dans le vif du sujet. Quelles missions proposes-tu sur workaway?

(Pour rappel, workaway est un site de mise en relation volontaires-hôtes.)

Alec : On est très heureux ici et le but de ce projet est d’être un pont entre la culture laotienne et les étrangers. Et aussi d’aider cette communauté. Nous avons quelques projets communautaires comme la construction d’écoles, amener les personnes malades dans les hôpitaux. Donc dans le secteur de la santé, de l’éducation et aussi pour s’amuser. On passe de bon moments tous ensemble.

 

Pourquoi as-tu décidé de publier une offre sur le site ?

Bon, le but d’amener des étrangers à travailler ici, c’est également qu’ils s’intègrent plus rapidement à la famille et à la communauté. Et je vois ça comme un bel échange, entre l’énergie positive des personnes qui viennent m’aider et qui du coup ont la possibilité de s’intégrer. Et d’aider.

 

Concrètement, qu’est-ce que tu attends des personnes qui viennent ? Quelles missions/tâches ?

Oui. (On est interrompu par le père de la famille chez qui on est et qui a envie de demander quelque chose à Alec. Alec essaye d’expliquer qu’on enregistre une interview audio mais n’a pas ce genre de vocabulaire en laotien. Ça n’a pas l’air simple comme conversation mais c’est assez drôle à voir.) Que se soient des personnes respectueuses et sensibles à la culture, non? Et qu’elles sachent apprécier le mode de vie laotien. Qu’elles sachent apprécier la simplicité de ces personnes et aussi profiter de la beauté de ce lieu, de la nature.

Un des beaux paysages que j’ai pu admirer pendant mon séjour;

Comment as-tu connu workaway?

Eh bien, un ami polonais est venu me rendre visite et m’a dit “pourquoi tu ne t’inscris pas sur workaway?”. Il m’a expliqué de quoi il s’agissait et ça m’a paru être une bonne idée. C’est lui qui m’a fait toute la description du lieu sur le profil.

 

Combien de volontaires as-tu accueilli jusqu’à présent?

Je ne sais pas exactement mais probablement une quinzaine pour le moment. Ça fait déjà un an que je suis sur workaway. Il faut savoir que pendant la saison des pluies, ma maison d’hôtes est quasiment fermée et peu de personnes viennent. Ce qui me permet… de voyager! Et de rendre visite à des amis et de m’échapper un peu de ce lieu.

 

Quand est-ce qu’il y a le plus de monde?

De novembre à mai. Maintenant qu’il va y avoir du monde, tu t’en vas !

 

Il n’y a pas de problème, légalement, à accueillir des gens qui travaillent sans contrat?

Il n’y a aucun problème à ce sujet parce qu’il s’agit de travail volontaire. On n’a reçu que des personnes qui sont restées un mois maximum (c’est la durée du visa touristique), le jour où quelqu’un souhaitera rester davantage, deux ou trois mois, on verra.

On a vue sur un garage depuis notre abribus improvisé.

 

As-tu déjà été volontaire toi-même quelque part ?

Oui au japon, à la campagne. Ça a été une expérience intéressante. Mais je dois t’avouer que l’hôte japonais qui m’a reçu était une personne très sérieuse et spécialement avec les horaires. Et en réalité ça ne m’a pas trop plu.

 

Je peux imaginer… C’était avec workaway aussi ?

Non avec helpx.

 

Ce que tu fais ici, en aidant la communauté, c’est aussi une forme de volontariat, non ? Est-ce que le volontariat c’est une sorte d’engagement politique pour toi ?

Non, je le vois juste comme une possibilité de passer du temps avec des personnes qui m’aident et qu’elles soient heureuses.

 

Oui mais par exemple, j’ai ouvert mon blog qui parle de volontariat pour montrer que gagner de l’argent n’a pas à être au centre de tout. Qu’il faut aussi savoir passer du temps à faire des choses que l’on aime sans forcément attendre de retour monétaire.

Oui, c’est ce que j’ai expliqué à la famille quand on a commencé à recevoir des volontaires, que tout n’est pas question d’argent. Il est question de recevoir des gens qui aident avec de l’énergie positive et qui n’aident pas financièrement, mais d’une autre manière. Il y a aussi des gens qui passent du temps à enseigner l’anglais par exemple, et ça vaut beaucoup beaucoup.

Toujours pas de bus à l’horizon.

Suite de cet entretien très prochainement !

En attendant, pour programmer votre prochaine mission de volontariat, rendez-vous sur le profil workaway de Nola Guesthouse !

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