La rédaction de ma première conférence

Pour mener à bien une démarche de rédaction qui implique de présenter un point de vue personnel, il faut puiser dans des motivations profondes. En ce qui me concerne, une cause qui me tient à cœur et la perspective de présenter le résultat en public ont été le moteur du travail dont je vais parler.

Quand j’appréhende de parler en public.

Au mois du juin 2017, j’ai donné une mini-conférence lors d’un événement nommé Traveler On Stage Bordeaux. J’y ai parlé du voyage que j’ai fait en Amérique du Sud. Plus particulièrement des missions de volontariat que j’y ai faites et de la manière dont le travail non rémunéré a pris un place importante dans ma vie. Le processus d’écriture m’a amenée à approfondir certaines réflexions. C’est de ces réflexions qu’est venue l’idée de ce blog, qui cherche à montrer la valeur du « don de temps » dans une société où tout se monnaie.

Traveler on Stage est un projet lancé par des toulousains il y a quelques années avec pour objectif de créer le « Ted » du voyage. Concrètement, durant les soirées, entre 6 et 9 « speakers » montent sur scène et parlent d’une expérience de voyage en 6 minutes. Le format est inspiré du Pecha Kucha japonais, une présentation synthétique appuyée par des slides de 20 secondes chacun.

Le concept a bien pris puisque de nouvelles associations Traveler On Stage ne cessent d’apparaître un peu partout en France et dans le monde. C’est un concept basé sur de l’open source, tout le monde peut ouvrir sa propre cellule où il le souhaite et accéder à des documents ressources mis gratuitement à disposition. Des réunions rassemblant les différentes entités sont organisées chaque année pour synchroniser l’évolution du projet.

Extrait facebook live de la soirée Traveler On Stage Bordeaux du 15 juin 2017 – Source : Facebook Traveler on stage Bordeaux

La phase de rédaction du discours m’a pris plusieurs mois. Le but est d’arriver à parler de la manière dont on a vécu les choses et non de se contenter d’évoquer des faits. D’ailleurs l’un des principes de Traveler On Stage c’est que peu importe la destination et la durée du voyage, l’important c’est de raconter sa propre expérience. J’ai beaucoup apprécié l’exercice d’écriture et de réécritures. J’étais déjà convaincu par le pouvoir thérapeutique de l’écriture qui aide à clarifier l’esprit et à découvrir nos motivations profondes. J’ai pu en découvrir les pleines capacités.

Retrouvez le texte de mon discours en suivant ce lien.

Un message à transmettre

J’ai eu l’idée de ce texte en revenant d’une soirée de la tournée « le chant des colibris ». Colibri c’est un mouvement qui vise à créer un monde nouveau, plus respectueux de la nature et de ceux qui l’habitent. Ce mouvement encourage les initiatives locales en faveur du développement durale et de l’économie sociale et solidaire. Il lance aussi des campagnes de mobilisation citoyenne. La tournée dont je parle a été menée par Cyril Dion, co-réalisateur du film Demain. J’ai donc été passer la journée du 25 mars 2017 à l’éco-système Darwin, à Bordeaux, pour découvrir le Chant des Colibris.

J’ai participé à l’organisation d’une disco-soupe durant l’après-midi. C’est un concept qui consiste à organiser une grande séance de cuisine collective à partir de fruits et légumes invendus récupérés sur les marchés, dans des magasins, etc. J’ai donc épluché, pelé, coupé, tout en discutant avec les autres personnes venues aider. Le soir venu, j’ai assisté au concert de clôture de l’événement. Il n’était pas prévu que j’y aille, les places étaient toutes vendues depuis longtemps, mais un désistement de dernière minute a permis à mon amie et moi d’y aller.

 

Durant la soirée, des artistes (Izïa, Emily Loizeau, Alain Souchon, Christine Salem et d’autres) proposaient un spectacle plein de belles collaborations. Cyril Dion lisait des textes sans en citer les auteurs. Des textes tantôt pessimistes quant à la route que prend l’humanité, tantôt pleins d’espoir, donnant envie de faire bouger les choses. J’ai commencé par me dire que le sujet je le connaissais déjà. Puis je me suis peu à peu laissée prendre au jeu. Il faut garder en tête ce qui est important, la raison de nos choix dans la vie. En rentrant chez moi ce soir-là, j’étais reboostée, j’avais envie de faire partie de ceux qui contribuent à changer le monde. Au moins à mon niveau. J’ai alors écrit l’essence du discours que j’avais envie de donner à Traveler on Stage.

Un travail d’écriture stimulant

Jusque là, j’avais toujours eu du mal à écrire sur mes convictions, et parallèlement à laisser les autres lire mes textes.  Ce projet de conférence, c’était donc l’occasion de se jeter à l’eau. J’avais envie de dire que le voyage m’a permis de tester toutes sortes de missions de volontariat, que durant ces missions j’ai appris mille fois plus qu’en dix ans à travailler. Que l’on devrait avoir le choix, ou plutôt savoir dès le départ qu’on a le choix dans la vie. Surtout en étant né dans un pays comme la France. Travailler peut paraître une nécessité mais en réalité on peut jouer sur tout un tas de paramètres. On peut choisir de laisser notre emploi – qu’il soit ou non en accord avec nos convictions – définir notre identité. Ou on peut choisir de contribuer à faire évoluer une autre société, la société civile, parallèle à celle qu’on connaît, mais où l’argent n’entre pas en jeu.

Après quelques mois de travail et grâce à l’aide glanée auprès des bonnes personnes, j’ai réussi à écrire un discours qui reflétait exactement ce que je voulais revendiquer. Pour bien construire l’histoire que je souhaitais raconter, j’ai demandé de l’aide à des amis intéressés par le sujet dont je traitais et à une experte en récit, coordinatrice d’ateliers d’écriture auxquels je participe. Certains matins, je me levais en me disant que mon texte était trop simpliste et ne contenait que des choses déjà dites. Mais l’enthousiasme avec lequel il a été reçu par l’équipe de Traveler On Stage avant la conférence, puis plus tard par le public, m’a redonné confiance. Et après tout, peu importe si une chose a déjà été dite, l’importance c’est la manière dont elle est racontée.

Laisser un commentaire