Premier jour seule au Laos

Je vous raconte ma première journée passée seule au Laos, un pays authentique et accueillant.  J’aime voyager seule parce que ça me permet de tout ressentir de manière plus intense. Ce jour-là, j’ai été servie niveau émotions.

 

J’ai entamé mon second grand voyage le 19 septembre dernier. J’ai passé une matinée à Oslo puis je suis arrivée en Thaïlande, où j’ai passé un peu plus de deux semaines. Le 6 octobre je suis arrivée au Laos. Et le jour qui a suivi était un peu ma première journée de voyage seule. Léa, mon acolyte ces deux dernières semaines, et moi, avions pris des chemins différents. Littéralement, parce qu’on s’entend très bien 🙂
L’ambiance au Laos est très différente de celle qui règne en Thaïlande. Ça vient peut-être du fait que la Thaïlande est en plein deuil national alors que le Laos célèbre une fête religieuse, Lai Heua Fai, liée au retour de Bouddha sur Terre.


Je passe 4h dans un minibus pour arriver à Luang Namtha. Je me rends à l’agence où on « m’attendais » pour une mission de volontariat. Et finalement à 13h30 ils sont en train de fermer. C’est jour de fête, la plupart des commerces sont déjà fermés. Len, le patron de l’agence, mon hôte, me dit par téléphone d’aller à l’auberge d’à côté pour la nuit et qu’on se verra demain. Déception. L’auberge est ouverte mais déserte. En plus il se met à pleuvoir. Je regarde autour de moi. La ville elle-aussi paraît déserte. Je me demande ce que je fais là. (Ca arrive régulièrement en voyage, pas de quoi s’alarmer.)
Je fouine jusqu’à trouver le code wifi et j’appelle le numéro de téléphone de l’auberge. Merci Skype. Je vois aussi sur un cahier que des gens sont arrivés hier à l’auberge. Elle n’est pas totalement déserte alors


Une dame plus que désagréable fini par arriver. Elle fait mon check-in, m’explique comment faire pour aller jusqu’à la chambre. Je comprends qu’elle ne m’accompagne pas, elle est très enceinte et il faut monter un escalier.
Le lieu est assez lugubre. La salle de restaurant en bas est vide et la salle commune à l’étage est une pièce aveugle avec juste deux canapés. C’est tout. Je rentre dans la chambre, je vois une silhouette maigre allongée dans un lit, tout un tas de sacs plastiques autour. Je me dis directement « Bonne idée d’avoir pris un auberge pas chère, maintenant je me retrouve à partager la chambre avec un clodo. »

 

Puis la silhouette se met à me parler, la communication n’est pas évidente au début. C’est une dame d’une cinquantaine d’années, elle est japonaise et voyage seule. Elle se repose parce qu’elle a fait une grosse réaction allergique et revient de l’hôpital. Elle parle très vite, un mélange de japonais et d’anglais. Mais en prêtant attention je finis par la comprendre et on arrive à communiquer. J’ai tendance à rapidement me décourager quand les gens ne me comprennent pas et mais elle a la particularité de s’accrocher, elle répète jusqu’à qu’on finisse par comprendre. Elle est assez drôle. Je ne sais pas comment mais on se comprend bien au final. Elle me fait visiter l’auberge et je lui prête mon téléphone pour faire des recherches sur internet. Elle s’est faite voler le sien au Vietnam, ou quelque chose comme ça.

 

Je me balade dans la ville, j’essaye d’acheter une carte sim pour avoir la 4G mais je n’en trouve pas et de toutes façons peu de commerces sont ouverts. Je décide d’aller voir la fête dont Len m’a parlé au téléphone, ça se passe à 2 km de là où je suis alors comme j’y vais à pieds, je décide de ne pas partir trop tard. Il fait nuit à 18h ici. J’arrive sur place, un genre de foire comme la veille à Huay Xay. Des stands où l’on vend des jouets, des fruits et légumes étranges, des compositions de fleurs et feuilles, des vêtements. Il y a aussi des stands de jeux et un immense château gonflable. Bien sûr des stands de nourriture et des buvettes. J’avance la-dedans, c’est très boueux. Faut dire que c’est la saison des pluies et qu’il a plu dans la journée. La foire continue le long de la rivière.

 

J’achète un pantalon, encore, et trouve enfin une carte sim pour avoir Internet. Les jeunes qui travaillent sur le stand de téléphonie ne parlent pas un mot d’anglais à part « hello » mais on s’en sort. J’ai 200 Mo pour 10000 kip (1€).

 

Premières lanternes

Je reviens le long de la rivière, il fait déjà nuit et des gens commencent à se presser au bord de l’eau. Je vois qu’ils allument de grandes lanternes en papier. Les premiers rencontrent quelques difficultés. C’est magnifique. Ils mettent aussi à l’eau les petits bouquets que j’ai vu plus tôt. Ils ont l’air de leur confier des prières avant de les laisser partir et y ajoutent parfois des billets. Un monsieur me prend par le bras et m’amène jusqu’à une petite fille qui vend de grandes lanternes blanches avec sa maman. Il m’en offre une. Je suis un peu émue, et puis c’est 1€ pour moi mais pour lui ça vaut bien  plus. Il doit partir, sa famille a l’air d’insister pour qu’ils y aillent. Je le remercie avec le peu de laotien que je connais. La mère de la fille qui prépare les lanternes, c’est à dire qui accroche la plaque à laquelle on met le feu, m’aide à l’allumer.

Des gens se prennent en photo avec moi. Lorsque c’est prêt, la dame me fait signe de me rapprocher de la rivière. Je comprends que c’est le vent qu’il y a au-dessus de l’eau qui aide à faire voler les lanternes. Elle s’envole sans accroc – j’en ai vu d’autres galérer davantage après ça – des gens me sourient et ont l’air d’être contents pour moi.

 


Des gens continuent à mettre des embarcations fleuries à l’eau et un peu plus loin des gamins leur tirent dessus avec des pistolets à bille.

Je suis étonnée par cette volonté de respecter les traditions, mais mise au goût du jour puisqu’on se prend en selfie avant de lancer son bateau ou sa lanterne.

Je m’étais promis de partir avant la nuit mais de plus en plus de gens arrivent. Je fais des photos malheureusement pas top parce que je n’avais pas pris mon appareil. Plusieurs personnes viennent me parler pendant la soirée, ceux qui parlent anglais quoi. Un monsieur m’explique que cette cérémonie sert à faire disparaître les malheurs et regrets de l’année passée et de faire place à de nouvelles et belles choses. Il me conseille de lancer mon propre bateau. Je n’osais pas de peur de « blasphémer » ou je ne sais quoi mais j’avais oublié à quel point la religion bouddhiste est ouverte.

 

J’ai du mal à m’acheter un bateau parce que la demande est forte et les filles qui les fabriquent n’arrêtent pas, mais j’y parviens. On me prend encore plus en photo. Pour une ville touristique, les gens ont l’air plutôt surpris de voir une étrangère. La soirée continue comme ça.

C’est maintenant une foule de gens qui arrivent, que des jeunes. Je m’arrête dans un stand pour manger une soupe aux nouilles de riz. On me place à une table avec des jeunes. Ils me proposent d’aller danser avec eux mais je les remercie, j’avais prévu de rentrer.

Lanternes et pleine lune


Je rentre à l’auberge à pied. Je pense à faire du stop mais 2 km ça passe vite. Je finis par une bière à mon auberge avec un de mes camarades de chambre qui par hasard était dans la même auberge que moi la veille au soir dans une autre ville. Il a acheté une moto au Vietnam et voyage plus librement dit-il. On parle voyage. Au moment où on va se coucher, la japonaise discute avec nous, elle dit qu’elle part tôt pour la Chine le lendemain. Elle n’a pas été voir les lanternes parce qu’elle était partie visiter un temple dans la direction opposée et que ça faisait loin. Elle me raconte la même fête à Luang Prabang, avec des embarcation fleuries en forme de bateaux lancées sur l’eau. Elle veut voir les photos que j’ai prises, elle se montre très bon public malgré la qualité des photos. Elle me remercie vivement et on se couche.

J’allais oublié, une autre rencontre sympa dans la journée, une mamie habillée en costume tribal traditionnel qui vendait des bijoux m’a proposé d’acheter du cannabis, c’était assez inattendu.



La fin d’une grosse journée. Le lendemain il est temps de partir pour une nouvelle aventure, le début d’une mission de volontariat en immersion dans une famille laotienne.

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