Mission dans un vignoble bio

Lors de mon séjour en Nouvelle-Zélande, j’ai eu envie de m’essayer au volontariat dans le domaine de la viticulture Bio. J’ai choisi un domaine viticole situé dans une magnifique région mais où les activités de volontariat m’ont un peu déçue.

J’ai longtemps vécu en région bordelaise et je n’ai pourtant jamais travaillé dans le vin. Me dirigeant vers une région viticole en Nouvelle-Zélande, j’ai eu envie d’en apprendre plus sur la culture de la vigne et la fabrication du vin en y faisant du volontariat. Direction l’Otago, sur la côte Est de l’île du Sud pour deux semaines de travail dans la vigne à Kurow, près de Oamaru.

L’arrivée

 

Lorsque j’ai démarré cette mission, je venais de passer quelques semaines à vadrouiller en stop et en couchsurfing dans le pays. Je venais aussi tout juste de m’acheter une voiture quelques jours auparavant. J’avais hâte de partir sur la route toute seule ! J’ai quand même décidé de me poser pour ces deux semaines de volontariat dans un vignoble. Ça fait du bien de temps en temps de dormir plus de deux nuits consécutives au même endroit. Et j’avais un projet à terminer qui réclamait un accès à la wifi et de quoi charger mon ordinateur qui, en état d’agonie avancée, ne fonctionnait que branché sur secteur. J’avais également envie de découvrir le travail de vigneron et je savais que la région ne manquait pas de lieux à visiter pendant mon temps libre.

Le vignoble se situe dans le village de Kurow, proche de la ville de Oamaru qui fait face à l’océan Pacifique. Je suis arrivée au début du mois de février. J’ai récupéré un volontaire américain à Oamaru au passage et on a retrouvé sur place trois autres volontaires et un employé, qui vivaient tous dans la maison où on allait s’installer.

LA voiture

 

Le lieu

 

C’est une belle propriété, avec un restaurant à l’entrée qui propose des dégustations de vin et des assiettes à partager. Juste derrière, il y a le hangar où est fabriqué et embouteillé le vin. En dépassant ces deux bâtiments, on passe devant une petite serre qui n’était pas utilisée à ce moment-là, puis un garage, un poulailler et la maison.
Nous étions entre 5 et 6 volontaires selon les départs et arrivées. Il y avait aussi mon hôte, le gérant du lieu originaire d’Uruguay, sa fille qui était aussi ma camarade de chambre et un anglais qui avait décidé de s’installer dans la ferme après avoir commencé par du volontariat.
Nous vivions tous dans la jolie maison où on se retrouvait le soir pour dîner.

 

La mission

 

Première semaine

On travaillait 5h par jour du lundi au vendredi, pas une minute de moins. On démarrait généralement à 8h le matin. 7h s’il risquait de faire très chaud. Nos pauses étaient rigoureusement chronométrées. Dès le départ, j’ai eu la forte impression que les volontaires remplaçaient des salariés. Dans l’idée que je me fais du volontariat, il est sensé y avoir un échange de connaissances mais j’avais beau poser des questions, je ne comprenais souvent pas l’intérêt de nos tâches. En plus, on se faisait bousculer – formulation nuancée de “hurler dessus” – par notre chef allemande. Son unique rôle en tant qu’employée à ce moment-là semblait être de diriger l’équipe de volontaires.

La première semaine, notre principale mission était d’enlever des feuilles de vignes qui masquaient le raisin et l’empêchait de mûrir. Seulement, des moutons avaient déjà rempli cette tâche, ce qui nous donnait un peu l’impression de faire ça pour passer le temps. C’est en effet une ferme Bio, où des enclos temporaires sont créés et déplacés autours des rangs de vignes pour permettre à des moutons de raccourcir l’herbe et grignoter les feuilles de vignes les plus basses. Une bonne technique. On faisait aussi ce qui semble s’appeler de l’épamprage : on coupait les petites branches qui poussaient vers les allées. Et on « rangeait » les plus grandes derrière les fils de fers qui maintenaient les pieds de vignes alignés.

 

Deuxième semaine

Ensuite, on est passés à l’installation de filets contre les oiseaux. Ça n’était pas beaucoup plus amusant ni moins répétitif mais au moins j’en comprenais le but. Un machine servait à disposer les filets sur une largeur d’à peu près 6 à 7 rangs. On devait ensuite les tendre au maximum à la main et les fixer en bas des poteaux qui se trouvent entre les pieds de vigne.

Une chose que j’ai alors apprise sur le travail répétitif, c’est qu’il ne monopolise pas entièrement le cerveau. On a tout le temps pour penser. Ça peut même être compliqué de se retrouver des heures durant seul face à ses pensées. Heureusement les podcasts existent ! J’en ai profité pour écouter une séries de “Masterclasses” de France Culture, des émissions durant lesquelles des artistes parlent de leur démarche de création. J’en avais besoin à ce moment-là parce que je m’apprêtais à rendre une nouvelle policière pour un concours. Je crois que ça m’a notamment aidé à me convaincre qu’un travail ne sera jamais parfait au yeux de celui le crée même pour les artistes les plus expérimentés.

Les après-midis étaient libres alors lorsque je ne travaillais pas sur ma nouvelle ou que je ne planifiais pas la suite du voyage, je me baladais dans les environs ou dans la ville côtière de Oamaru.

 

Et soudain, un cyclone

Les derniers jours, on a essuyé de grosses averses à cause du cyclone Gita qui passait un peu plus au nord du pays. Il a plu sans cesse pendant des jours et certains des champs alentours étaient inondés. On se retrouvait donc coincés à l’intérieur. Je n’avais pas envie de remettre mon départ à plus tard, j’étais impatiente de prendre la route pour explorer le Sud du pays, même sous la pluie. Au fil des matinées non travaillées, je voyais mon compteur d’heures à rattraper augmenter. Alors avec quelques autres volontaires, on a alors décidé de faire le grand ménage de la maison pour compenser. J’ai aussi aidé à d’embouteiller et préparer une petite commande de vin pendant quelques heures. J’ai même eu droit à une rapide visite guidée des lieux à ma demande.

 

Les à-côtés

 

Les soirées étaient conviviales, on cuisinait chacun son tour puis on partageait un repas et souvent du vin produit sur place. On a aussi été faire un tour au bar du coin tous ensemble une après-midi. Ça s’arrête là pour les sorties de groupe. J’ai essayé d’en organiser sans succès les premiers week-end, puis Vivi, une nouvelle arrivante, s’est jointe à moi pour des balades.

Je ne sais pas comment les choses se seraient passées si je n’avais pas eu de voiture mais j’ai pu passer mes week-end et certaines après-midis à faire des balades et randonnées dans des lieux magnifiques situés de 30 minutes à 2h de route. Mont Cook, le lac Pukaki d’un bleu irréel créé par l’eau provenant des glaciers ou le lac Tekapo. J’ai pu visiter certains des plus beaux lieux de mon séjour. Le lac Benmore aussi, situé tout près et visiblement ignoré des touristes, formé après la création d’un barrage.

 

Bilan

 

Une mission moyenne sur le plan de la découverte et de l’expérience mais où j’ai quand même passé de bons moments et où j’ai pu rencontrer des personnes que j’ai revues par la suite. Le calme du lieu isolé et la proximité de sites exceptionnels à visiter étaient de gros aspects positifs. Le logement était plutôt confortable. Et comme on démarrait tôt le matin, on disposait des après-midis libres.

Par contre, je ne conseillerais à personne cette mission sans être rémunéré. Les tâches n’étaient pas clairement expliquées sur l’annonce et le travail demandé une fois sur place correspond à une vraie activité salariée. C’était répétitif et la chaleur le rendait assez pénible.

Je pense qu’il est tout de même possible, avec une organisation différente et un peu de flexibilité, d’accueillir des volontaires dans de bonnes conditions dans une propriété viticole, d’échanger des savoirs et de proposer des activités variées.

Laisser un commentaire