Mini mission dans le Gard – Nature et art

spectacle Ofrenda à l'intérieur de la Yourte - compagnie Circo Nagual

Pour la première fois, après avoir donné des coups de mains sur plusieurs continents, je me suis intéressée aux offres de volontariat qui se trouvent devant moi, en France. C’est comme ça que j’ai été rendre visite à Jabber et Hugo qui développent un projet que j’avais hâte de découvrir : un lieu où on fait pousser fruits et légumes tout en respectant la nature et où on encourage la création artistique.

Après un trajet comprenant plusieurs bus et trains (en retard) j’arrive dans le Gard. Je prends un dernier bus jusqu’à Connaux où Hugo vient me chercher en voiture. Nous arrivons rapidement chez lui, dans la commune de Pougnadoresse, où il vit avec Jabber. Je ne suis pas la seule à être venue passer ce long week-end de pâques, parce que les parents d’Hugo arrivent en même temps que moi. Il y a aussi David et Bruno, des amis, qu’on reverra plusieurs fois durant le week-end. Ce sont aussi eux qui prendront soin du lieu lorsque Hugo et Jabber seront partis au Mexique, où ils vont passer un an afin d’en apprendre davantage sur l’horticulture naturelle.

 

Le projet

 

Ce lieu est avant tout un projet concrétisé sous forme d’une association qui s’appelle Omeyocan. Voilà comment Omeyocan décrit sa mission :
« Créer un parc comestible alliant l’art et la nature ; donner un espace de cultures, d’échanges, de rencontres, de recherches, et de partage de ses pensées, découvertes, créations artistiques et spectacles au travers du monde ; proposer la création d’un jardin bordé d’espaces naturels pour connecter avec la terre et le cosmos, alimenter le corps et l’esprit, s’inspirer, créer et libérer son imagination ; la création du parc permettra d’approfondir la recherche sur la forêt jardinée, les techniques agricoles, paysagères et énergétiques alternatives ; également de pratiquer, d’initier, de former et de conseiller dans la réflexion et la création d’espaces paysagers, au jardinage, aux médecines alternatives, à la cuisine sauvage, au cirque, à la danse et plus largement à l’art ; tout en accueillant des artistes pour leur permettre de trouver l’inspiration, de la matérialiser au travers de leurs œuvres et de présenter leur travail devant un public local et chaleureux. »

Une fois sur place, je me rends vite compte que ce projet est très vivant. Des volontaires et amis viennent aider et créer, il y règne un esprit d’entraide et un fort sens de communauté. Je peux voir que beaucoup de travail a été accompli depuis qu’ils ont emménagé il y a moins de deux ans, la rénovation des lieux de vie, la plantation d’arbres, mise en place de différents espaces…

Je suis venue passer quelques jours sur place pour assister à un spectacle qu’ils organisent chez eux le lundi de pâques. Je devais initialement arriver au mois de mai et y rester plusieurs semaines, apporter mon aide niveau jardinage et surtout niveau communication, pour aider à développer le nouveau spectacle de cirque de Jabber. Mes projets ayant changé (un CDD dans le Lot-et-Garonne renouvelé), j’ai dû repousser ma venue. Ce long week-end de pâques est donc une occasion de découvrir le lieu et ses habitants en attendant de pouvoir y rester plus longtemps. C’est surtout une occasion de connaître le spectacle de cirque que je me propose d’aider à promouvoir.

 

Le lieu

C’est un grand terrain, dont la partie la plus haute qui fait 2 hectares, est un verger cultivé selon des techniques d’agroforesterie. En contrebas, au bord de la rivière et à l’abri des arbres, on trouve le coin « vie » . Il y a deux yourtes, la grande qui sert de séjour et la petite qui est une chambre, ainsi que deux cabanes qui sont une cuisine et une salle de bain. Il y a aussi une vieille maison en pierre, joliment rénovée et qui sera prochainement agrandie, une cabane à outils, indispensable et le jardin potager.
Je dors dans l’une des deux caravanes réservées aux invités. Je suis bercée par le son de la rivière et réveillée par le chant des oiseaux. C’est magnifique.

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Mon séjour

 

Le premier soir, j’arrive à la tombée de la nuit mais tout ce que je vois m’enchante déjà : la rivière, les yourtes, les cabanes colorées, les guirlandes lumineuses accrochées aux arbres. Je rencontre aussi mes hôtes et les autres visiteurs autour d’un repas. J’apprends que le spectacle qui aura lieu le lundi est beaucoup plus gros que ce que j’imaginais, environ 50 personnes sont attendues et plusieurs artistes performeront. Le tout en plein air. Les grosses missions du week-end seront donc de nettoyer, ranger et préparer en vue d’accueillir tout ce monde.

 

Premiers jours

Au niveau de mes tâches, rien de bien difficile. J’aide à cuisiner et mettre la cuisine en ordre, ce à quoi tout le monde contribue d’ailleurs. J’arrose la serre qui abrite les jeunes pousses d’une multitude de plantes, elles sont pulvérisées avec du purin d’algues un jour sur deux. Il y a aussi le jardin en buttes de permaculture à arroser et la grosse partie : le verger. Plus d’une centaine de jeunes arbres ont été plantés les mois précédents et en attendant que le système d’arrosage automatique soit opérationnel, on met 3 jours à arroser au tuyau d’arrosage. Ça ne me dérange pas de passer 5 minutes par arbre. Ça me permet de passer du temps en extérieur, de profiter du calme, d’écouter de la musique. Et niveau effort physique, c’est tout à fait dans mes aptitudes.

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Et puis, comme tous ceux qui sont présents ce week-end là, j’aide à préparer le grand événement. Tout le monde s’y met : on vide la grande yourte qui accueillera une partie du spectacle, on tond, débroussaille, brûle des branches coupées, découpe et empile du bois de chauffage. Hugo me confie que c’est un des côtés positifs d’organiser des spectacles chez soi  de temps en temps : chaque fois, c’est l’occasion de faire un grand ménage.
De son côté, Jabber met en place les différents éléments pour son spectacle. Il fait de la corde lisse et utilise les arbres présents sur le terrain comme support pour ses équipements. Les autres artistes qui arrivent chaque jour passent aussi du temps à installer leur future scène.

 

Les à-côtés

Dès samedi midi, on part faire un tour à Uzès, la ville voisine. C’est jour de marché et la ville grouille de monde. Il fait chaud, les terrasses sont pleines, il y a comme un avant-goût d’été. Le samedi soir, on part cette fois à Alès, à la Verrerie, une école de cirque. Jabber y joue un morceau de son spectacle en première partie. Il ouvre le spectacle, suivi de quelques autres artistes extérieurs et anciens de l’école. En deuxième partie, ce sont les élèvent qui jouent. C’est beau, pleins d’idées et d’univers divers et ça m’aide à me plonger dans la thématique du week-end, les arts du cirque.

 

Lundi, jour de spectacle

Le lundi arrive enfin et le programme est chargé. Avant le spectacle qui aura lieu en fin d’après-midi, on pique-nique au bord d’une rivière en compagnie des habitants du village. Il s’agit d’un genre de tradition, chacun partage ce qu’il a apporté à boire et à manger. Il y a peut-être une centaine de personnes. L’apéro et le repas s’éternisent mais on trouve tout le même le temps de rentrer finir de mettre en place le lieu pour accueillir le public. J’ai le temps de faire une petite sieste avant l’arrivée des spectateurs, une bonne cinquantaine au moins. Tous ont eu connaissance du spectacle par bouche-à-oreille ou parce qu’ils connaissent mes hôtes. On retrouve d’ailleurs un bon nombre de personnes rencontrées le midi.
Le spectacle se déroule en trois parties. Dans le verger, il y a Nico et sa structure géométrique. Au bord de l’eau, ce sont ensuite Raphaëlle et Théo, qui jouent une partie de leur spectacle « Ils descendent de la montagne ».
Enfin Jabber démarre son spectacle Ofrenda dans la grande yourte, où le public se presse pour assister à une cérémonie à la lueur de la bougie. Il continue en extérieur, sous un arbre dans lequel il a installé sa corde et ses accessoires. Son spectacle s’inspire de la fête des morts mexicaine et aborde plusieurs sujets forts : le manque de reconnaissance/discrimination que subissent les indiens au Mexique. Aussi les discriminations que subissent les homosexuels là-bas et ici. Vous pouvez le suivre sur sa page facebook.
Ce que je trouve intéressant, c’est que contrairement aux spectateurs de l’école de cirque, venus voir des personnes qu’ils connaissent, ce public n’est pas forcément habitué à assister à ce genre de spectacle. C’est donc un « vrai public », avec ses réactions, qu’il faut savoir recevoir de la part des artistes.

On termine par une fête, un peu comme le midi. D’ailleurs, les tables pliantes du midi ont été ramenées et on partage à nouveau ce qu’on a amené à boire et à manger. On échange, on apprend à se connaître. On fait un grand feu, on danse. Et puis quand il se met à pleuvoir, à une heure déjà bien avancée, on part se coucher.

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Fin

 

Le retour chez moi se passe comme l’aller, avec des trains en retard. Ce qui est encore plus pénible avec la gueule de bois. Mais si je rentrais l’estomac lourd, j’avais le cœur léger. Je suis heureuse d’avoir pu rencontrer des personnes qui créent leur monde idéal, leur petit paradis et parviennent à y faire venir des voyageurs du monde entier comme leurs voisins, quelles que soient les passions qui les animent.

Ça a été une belle expérience, davantage « vacances » que volontariat. J’ai aimé prendre part à la préparation du lieu en amont du spectacle. Je trouve toujours ça excitant, de faire partie de l’organisation d’un événement.

La suite pour moi dans ce projet : aider Jabber à promouvoir et faire connaître son spectacle. Il aimerait le jouer dans quelques villes avant son départ. Si le timing est bon, je repartirai là-bas passer quelques semaines cet été.

 

Le profil du projets sur workaway, le site de mise en relation volontaires-hôtes, c’est ici.

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