Le Marais de Mira, ferme pédagogique en devenir

Chantier participatif dans le Maine-et-Loire. Au programme : recyclage, zéro mécanisation et travail d’équipe !

À deux pas de la Loire et de la jolie ville de Saumur, Mimi (Marion) et Rara (Rached) ont décidé de réaliser leur rêve en créant le Marais de Mira, une ferme nourricière pédagogique. Après 3 ans de travail, leur lieu s’apprête à ouvrir au printemps prochain. Je les ai rencontrés en participant au chantier participatif qu’ils organisaient en août dernier. 

Le projet

Le terrain de 7 hectares qu’ils louent était autrefois une culture de mûres. Il en reste de nombreux vestiges, à commencer par les ronces qui ont envahi le terrain et recouvert les arbres. On y trouve aussi des restes de poteaux, grillage, filets anti oiseaux, tendeurs, cordes… Et ce matériel, Marion et Rached tentent de s’en servir au maximum. La revalorisation des ressources est en effet un des concepts phares de leur projet.

En plus de la réutilisation, au Marais, on n’utilise – presque – rien de mécanique. Le choix et l’entretien des outils est donc primordial. Je n’ai d’ailleurs jamais vu autant d’outils sur un même lieu auparavant. Pour éviter d’en perdre, on les a peint en rouge. Pratique pour les identifier au milieu des plantes, non ?

Une fois la ferme ouverte au public, les visiteurs pourront y cueillir leurs légumes, interagir avec les animaux, suivre des ateliers…

C’est sûrement Marion et Rached qui parlent le mieux du projet :

Le lieu

  • Le camp de base : cuisine, toilettes sèches, douche solaire, espace de campement
  • Le potager : massifs et serre
  • L’enclos de chevaux
  • Une mare et une seconde en train d’être creusée
  • Deux vergers un peu éloignés des lieux de vie et jardin, où poussent pêches, abricots et pommes
  • Le futur enclos des animaux, en partie boisé

La grande famille

Je vous présente quelques membres de la grande famille du Marais, Châtaigne, Marley, Cannelle et les autres :

Une semaine de chantier

Mes hôtes recevaient généralement un volontaire à la fois jusque là, le chantier participatif était un nouveau challenge pour eux. Le chantier durait deux semaines non stop, j’étais présente pour la première semaine. Nous avons mis quelques jours à trouver notre rythme, puis tout fonctionnait très bien. Dès le départ, Marion a mis en place « l’agora”, un point durant le petit déjeuner pour qu’on se répartisse les tâches. Parmi les tâches, il a celles de la vie courante (vaisselle, entretien des toilettes sèches, préparation des repas, nourrissage des animaux, gestion des outils…) et les chantiers en cours. Au final, ce qui le souhaitaient démarraient avant les autres et faisaient un pause le temps de l’agora. Cela permettait de travailler aux moments les plus frais de la journée.

Fabrication de la cave

Le plus gros chantier, ambitieux et bien pensé. Les caves sont très utiles pour la conservation des fruits et légumes. À Mira, c’est surtout les fruits qu’il faudrait conserver, pour pouvoir en consommer voire en vendre passé la période de récolte. L’idée était de fabriquer une cave à partir d’une structure de serre. Plusieurs couches de filets ont été tendues sur les arceaux, eux-mêmes soutenus par des poteaux centraux. Le tout a été recouvert de la terre argileuse récupérée en creusant des mares.

Ils ont profité de la présence d’une minipelle, louée pour creuser les mares, pour commencer à couvrir la serre de terre.

Haie de bois mort

C’était la première fois que je voyais ce type de haie, faite de branches enchevêtrées. C’est utile, puisque ça délimite une zone en empêchant les gros animaux de passer, biodégradable et s’intègre bien dans le paysage esthétiquement. Une partie de cette haie avait déjà été faite quelques mois auparavant, ce qui nous servait d’exemple, à nous les volontaires novices. Notre mission était de débroussailler un coin de terrain envahi par les ronces et de fabriquer une portion de haie. C’était une activité intéressante et même satisfaisante, car on voyait rapidement l’évolution du lieu. Avec l’aide des chèvres, on a pu faire reculer de grandes ronces, laissant apparaître des fruitiers. Pour confectionner la haie, on a coupé des arbres et branches basses à l’aide de scies japonaises très efficaces. C’est un travail qui se faisait dans la forêt, donc au frais, agréable durant cette période de grosse chaleur.

Nouveau portail en palettes et plessage

On entend beaucoup parler des meubles et autres objets en palettes, ça paraît génial. Mais quand il s’agit de le faire c’est une autre paire de manches. On partait avec des palettes non consignées bien sûr, en bois assez fin, plus de toute jeunesse, autant dire qu’enlever les clous sans tout éclater relevait de l’opération chirurgicale. Mais avec de la patience j’ai pu bien contribuer à la fabrication des panneaux. Pas à la pose du portail ni au plessage des branches entre les planches, je prendrai des photos lors de ma prochaine visite !

Dans la même idée, on a continué à fabriquer des bordures de massifs plessées.

La douche solaire

La fabrication de la douche est une activité à laquelle je n’ai pas tellement participé et qui a donné un résultat assez génial. Ce qui fonctionnait le mieux pour chauffer l’eau et qui est plus simple que de remplir des poches à suspendre, c’était de laisser de l’eau chauffer dans de grandes poubelles noires. On se versait ensuite l’eau dessus avec un récipient. Il y avait même un lavabo !

douche extérieure solaire

Vannerie

Marion nous a initiés à la vannerie, plus précisément à la fabrication de ruches. Elles sont appelées ruches de biodiversité ou de pollinisation, le but n’est donc pas de récolter le miel mais d’offrir un lieu de vie aux abeilles.

Mes impressions

Au Marais, j’ai découvert un lieu calme, en reconnexion totale avec la nature. Nous avons beaucoup parlé du projet entre hôtes et volontaires. C’est plutôt valorisant de pouvoir donner son avis et de faire partie (à petite échelle bien sûr) des créateurs du projet. J’ai aussi beaucoup aimé le concept, c’est d’ailleurs ce qui m’avais donné envie de découvrir ce lieu, car chaque éco-lieu est différent.

J’ai trouvé du temps pour aller visiter les alentours et me baigner dans des rivières avec d’autres volontaires les jours de forte chaleur. Puis j’avais un petit espace à moi sur place, où je pouvais me reposer, me retrouver seule pour lire et écrire. C’était un coin à l’ombre de grands arbres entre une caravane qui sert de poulailler, un van qui visiblement n’a pas roulé depuis un moment et quelques boucs les premiers jours. Ajoutez à ça les chevaux dans le pré d’à côté et les deux chats qui venaient me rendre visite, c’était le lieu idéal !

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