2 semaines de volontariat dans la forêt subtropicale de Misiones

Une mission inoubliable auprès de grands rêveurs, dans un lieu à l’abri de la civilisation.

En 2015, j’ai passé deux semaines dans la région de Misiones, au Nord-Est de l’Argentine, où je suis partie faire une mission de volontariat. J’aurais aimé y passer davantage de temps, mais j’ai tout de même eu l’occasion de vivre pleinement une expérience de retour à la nature et de vie en communauté. J’attendais cette mission avec impatience après avoir passé trois mois survoltés en plein de centre ville de São Paulo.
J’ai repris mon carnet de voyage, que je griffonnais le soir dans ma tente avant de m’endormir, pour faire un best of de ce que j’ai pu y vivre.

L’arrivée

Je passe la nuit précédant mon arrivée dans la ville de Posadas, chef-lieu de la province de Misiones. J’ai déjà eu l’occasion d’y séjourner chez des couchsurfers en 2014 et j’en garde de très bons souvenirs. Je pars tôt le matin de la station de bus de Posadas pour aller jusqu’à cet arrêt, situé peu après Oberá sur la route départementale 103. Je descend donc du bus plus ou moins au milieu de nulle part.

J’ai un plan fait main pour me guider et la promesse d’un long trajet à pied. Il faut préciser que je voyage alors avec un sac de 60 litres vraiment très lourd, plus un petit sac de 18 litres. A cette époque-là je vis à São Paulo, et suite à des soucis de visa, j’ai dû sortir du pays pour trois semaines, le temps de remettre les compteurs de mes droits de visa touristique à zéro. Une histoire compliquée puisque je ne suis pas certaine de pouvoir revenir au Brésil. Je suis donc partie avec toutes mes affaires. J’ai choisi l’Argentine pour sa proximité de São Paulo – seulement 15 heures de bus – et parce que j’ai aimé ce pays en y voyageant l’année précédente.

Le plan

Après être descendue du bus, je marche donc en m’orientant tant bien que mal en direction del Naranjo. A chaque pas, je déteste un peu plus mon sac qui me scie les épaules. Des amis bresiliens m’ont généreusement prêté une tente pour cette mission, la fameuse Deux secondes de Décathlon. Vous voyez, cette tente rapide à installer qui une fois fermée forme un cerceau d’un mètre de diamètre – au moins. Très pratique à trimbaler dans un bus de ville, pour faire des visites et encore plus pour se faire une heure de marche dans les bois.

Je marche dans la forêt, c’est beau, très vallonné. Je tourne là où il ne faut pas et reviens sur mes pas à plusieurs reprises croyant avoir vu les indications du plan. Ça me prend bien plus d’une heure pour arriver à destination, et à plusieurs reprises j’envisage de m’installer un campement sur le bord du chemin et de finir mes jours sur place.
J’arrive donc, un peu agacée d’avoir eu droit à si peu d’explications concernant le trajet et que personne ne se soit inquiété de mon arrivée tardive. Je suis accueillie par Matias, propriétaire des lieux, et trois volontaires français qui prévoient de partir après-demain, tôt le matin, pour assister à un festival à Posadas. En réalité, on fêtera tellement bien leur départ, avec du vin et des pizzas maison, qu’ils partiront un jour plus tard que prévu. Il y a aussi deux autres personnes, un résident permanent de cette communauté naissante et un ami de Matias. Je suis si bien reçue et tellement séduite par ce lieu que j’oublie vite la difficulté de la marche que je viens de faire.

Point de vue en chemin

Premières impressions

L’endroit est magnifique, le terrain est immense et coupé par un cours d’eau. On le traverse pour aller dans le coin “nuit” où se trouve le campement, dans les bois. J’installe ma tente sous une bâche tendue entre des arbres.
La pièce commune est la cuisine extérieure couverte. Un tuyau y apporte de l’eau directement de la rivière, une cuisinière à bois nous permet de faire à manger et un garde-manger grillagé protège nos provisions. Il y a une salle à manger attenante à la cuisine, sur une partie surélevée sur un plancher en bois. Cette partie-là dispose de l’unique “mur”, un plastique tendu, très résistant et bien utile en cas de pluie.

Comme j’ai pu le voir lors de ma longue marche, la région est très vallonnée et parcourue par de nombreuses rivières. C’est une jungle subtropicale, très verte, où l’on trouve une grande variété de plantes comestibles et toutes sortes d’animaux. Les températures varient beaucoup entre le jour et la nuit à cause de l’humidité. On est en mai, il fait très chaud la journée et très frais la nuit. On me dit que l’hiver est très rude.

La pièce principale

J’ai l’occasion de rencontrer quelques voisins. Ceux qui sont situés le plus près de nous vendent de l’alcool et du tabac, on va s’y approvisionner de temps en temps. Ils ont un quatre-quatre, indispensable pour accéder jusque-là lorsqu’il pleut et que le chemin n’est que boue. Ils vivent à six si j’ai bien compté les enfants, dans une petite maison en bois équipée de l’électricité. Ils sont en train d’en construire une plus grande à côté, en dur. Ils ont des poules, des chiens, des cochons et ont l’air de bien se débrouiller niveau culture. Ils ont aussi un oranger qui croule sous les fruits devant la maison. Ils me proposent de recharger des appareils électriques si j’en n’ai besoin, ça ne sera pas utile.

 

Le projet

Matias, le propriétaire des lieux, vit ici depuis quelques années maintenant. Il a décidé d’acheter ce terrain et de monter ce projet après avoir vécu dans une communauté située à quelques kilomètres de là, appliquant des principes similaires. Il a pas mal voyagé, parle français et – ce qui est un très gros plus – est cuisinier. Il nous prépare d’excellents repas, et le petit déjeuner est déjà prêt lorsqu’on se lève le matin. Contrairement à la plupart des hôtes rencontrés lors de précédentes missions de volontariat, il a pris le temps de s’intéresser à ce que je fais, et s’est même renseigné sur le projet sur lequel je suis volontaire à São Paulo à ce moment-là. ll apporte une énergie et un bien-être à ce lieu qui semblent contaminer tout le monde.

El Naranjo est une communauté en création, aussi appelé “projet co-créatif”. Chacun est bienvenue pour apporter son aide, et poser sa tente ou dormir dans une tente disponible s’il y a. On est aussi invité à apporter à manger ou à donner une contribution monétaire pour les repas. J’ai été dans la ville voisine une fois avec l’intention de rapporter à manger pour contribuer directement. Mais j’avais oublié qu’à l’heure de la sieste – soit tout l’après-midi – pas question d’essayer de faire des courses en Argentine.

C’est un projet participatif, l’objectif étant de créer un espace de vie unique, en harmonie avec l’environnement naturel et des personnes qui y vivent. Un lieu qui embrasserait donc les différents valeurs du développement durable. Les ressources utilisées sont uniquement locales et s’il y a besoin de compétences spécifiques, comme la construction de charpente, on fera appel à des ouvriers locaux.

On y pratique le Temascal. Je ne peux pas y participer car la cérémonie a lieu le jour où je dois m’en aller. De ce que j’en ai compris, les participants s’entassent sur des couvertures dans un dôme en bois couvert de bâches. On apporte des pierres préalablement chauffées dans un feu de bois, on y jette de l’eau de temps en temps. Sous le dôme, quelqu’un chante et récite des incantations.
Il y a aussi une cérémonie qui s’appelle la danse de la paix universelle, à laquelle je ne peux pas assister non plus. Je dois avouer que j’en suis un peu soulagée, n’étant pas toujours très à l’aise lors de ce genre d’événement communautaire.

 

Conditions de vie

Comme annoncé sur l’annonce du site qui m’a permis de trouver cette mission (www.helpx.net), les conditions de vie sur place sont basiques : pas d’eau courante, pas d’électricité, pas tellement de signal téléphonique.

 

Un rythme de vie plus lent

Au départ j’ai du mal à m’habituer au calme ambiant, au rythme bien plus lent qu’en ville. Ici on prend le temps de faire les choses et mon cerveau réagit mal au manque de stimulation. Mon livre ne me suffit pas, j’ai envie de regarder des séries sur mon ordinateur et de lire mes livres électroniques sur mon téléphone. Je me sens en même tant coupable d’éprouver ces besoins.
A bout d’une semaine, tout est oublié. Je me suis habituée à cette vie plus simple et je n’en finirai pas de compter les choses que j’ai amené et dont je ne me sers pas. Au final je me sers d’un savon, dentifrice, brosse à dentes, pince à épiler, coupe-ongles, crème solaire, lentilles. Tente, sac de couchage et quelques vêtements. La moitié de mon sac n’a servi qu’à user mon dos.

 

Une autre organisation du quotidien

Niveau cuisine, tout se passe autour de la cuisinière à bois. Cuisiner au bois prend du temps, même pour faire du thé il faut faire du feu. On a un savon pour faire la vaisselle mais il se fait rapidement dévorer par un veau des voisins, venu se balader sur le terrain pendant la nuit. Alors on se met à utiliser de la cendre, ça fonctionne très bien. Il est d’ailleurs possible d’acheter ou de fabriquer des lessives et autres savons liquides à base de cendre. On utilise de la paille de fer pour frotter, ce qui me semble plus hygiénique qu’une éponge.

Sans réfrigérateur, on est amené à consommer différemment. Et pas question de remplacer les produits frais par de la nourriture transformée. Alors on mange légumes, légumineuses et céréales qu’on cuisine. On achète de temps en temps du lait et du beurre chez les voisins qui en produisent. On fait notre pain et nos chapatis (galettes cuites sur la gazinière faites de farine, sel et eau). On cueille les clémentines dans la forêt pour le dessert. Et juste devant la cuisine, ce sont des maracujas (fruits de la passion) qui poussent.

Maracujas

Les toilettes sont installées dans l’un des seuls bâtiments. Une pièce unique ronde, en terre et paille, fermée par un rideau. Au milieu, deux piles de briques qui soutiennent une planche avec un trou au milieu. Dessous, un seau. On ajoute de la sciure ou autres herbes sèches entre deux passages et on le vide régulièrement dans le compost spécial toilettes un peu plus loin. Un ancien tas de compost est situé plus loin sur le terrain. Au bout de quelque temps, le compost produit est utilisé pour nourrir le jardin.

Pour se doucher il y a la rivière, bien fraîche car en provenance directe des montagnes plus hautes. Et pour les moins courageux, enfin pour moi, une bouteille, un peu d’eau chauffée et un coin tranquille font l’affaire.

 

Les nuits sous la tente

Si au départ la technologie me manque, la vie sous la tente me plaît beaucoup à mon arrivée. J’aime m’endormir avec le bruissement du vent dans les feuilles et me réveiller avec le chant des oiseaux. Mais au bout de quelques jours, le charme commence à s’écailler.
Le soir du trois ou quatre mai (je ne savais plus quel jour on était, mon carnet est flou niveau dates), on s’asseoit autour d’un feu après manger. C’est très relaxant, une chose simple que j’ai toujours aimé. Les autres soirs, on voit la brume se lever peu à peu, donnant au lieu une ambiance de film d’horreur assez convaincante. Mais là, une tempête commence à se lever, de l’orage, beaucoup de vent et de pluie. On se replie vers les tentes. Je commence à réaliser que non seulement la bâche en plastique suspendue au-dessus de ma tente ne couvre pas une grande surface, mais aussi que j’aurais dû creuser une tranchée autour de ma tente pour évacuer l’eau. La deux secondes c’est sympa pour aller en festival mais est-ce fait pour les conditions extrêmes? Les autres objets achetés dans le même magasin n’ont pas été très convaincants de ce point de vue-là. Et vu que le coin où on a installé le campement, on n’est pas à l’abris d’un arbre qui tombe. C’est très différent de vivre une tempête à l’abris dans sa maison ou dans une tente. C’est là le revers du romantisme de la vie en extérieur.
Je survie à cette nuit et à ma grande surprise ma tente est toujours sèche à l’intérieur le matin. En me réveillant j’ai vu que le soleil est revenu et pourtant j’entends toujours de l’eau couler. Un cours d’eau s’est formé et passe tout près du campement.

Chemin vers le campement

J’ai noté une autre histoire du quotidien sous la tente dans mon carnet. On est le onze mai, je viens d’aller me coucher. On est en pleine nature et pourtant je sens que les ronflements de mon nouveau voisin, qui vient d’installer sa tente à côté de la mienne, risquent de me poser problème. De l’autre côté, j’ai un autre voisin qui n’arrête pas de parler en dormant. Pourquoi regrouper toutes les tentes alors que terrain est immense? Instinct primitif de survie? Ou stratégie réfléchie pour lutter contre les bêtes féroces qui rôderaient dans le coin? J’évite de me poser la question. Il y a aussi le nouveau cours d’eau qui s’est formé depuis la tempête, qui ne m’empêche pas de dormir à la limite. Mais ce son ne m’aide pas à convaincre ma vessie que non, je n’ai pas besoin de m’extraire de mon sac à viande, mon sac de couchage bien chaud et ma couverture de survie, de localiser et ouvrir les deux fermetures éclair de ma tente, de mettre mes chaussures, et enfin d’aller dans la forêt. Dans le froid et l’obscurité.

Chose étonnante, sans électricité et donc sans lumière artificielle, on ressent le temps qui passe différemment. Le soleil se couche vers 18h environ et on s’éclaire à la lampe à énergie solaire pour la suite. On va se coucher quand elle s’éteint, ou quand on a l’impression qu’il est l’heure. Mais la lampe se recharge moins par temps nuageux, on dépend donc un peu du climat. Et il m’arrive a plusieurs reprise d’aller me coucher pensant qu’il est minuit passé alors qu’il n’est en réalité que 21 ou 22h.

 

Les activités

Construction naturelle

J’arrive début mai, quelques jours avant le week-end. Comme tout le monde part à Posadas pour le week-end, j’ai le temps de me familiariser avec les lieux, tranquillement. On insiste pour que j’aille assister aux festivités de Posadas, mais j’avais envie de fuir le bruit de Sao Paulo, et mon but atteint, j’ai envie de profiter de la tranquillité. Je ne suis pas toute seule en réalité ce week-end-là, puisque le deuxième résident permanent des lieux décide de rester. Il semble peu enclin à la vie en communauté. Il critique mes moindre faits et gestes – de manière assez agressive – chaque fois que j’entreprends une tâche ou que je lui demande où trouver des outils et matériaux. J’ai envie d’apporter ma contribution, c’est la raison qui m’a amenée ici, mais je suis frustrée de ne pas savoir comment aider.
Enfin, une des premières activités collectives est de poursuivre la construction de la maison. La structure et la charpente sont en place. Je m’occupe de rajouter de l’eau au barro (boue en français) préparé la veille : deux seaux de terre argileuse, deux seaux de sable, un seau de crottin de cheval, de la paille et de l’eau selon la texture voulue. L’intérêt de le préparer la veille est de faire en sorte que le mélange prenne bien. On mélange en ajoutant un peu de chaux. Une partie du mur qu’ils ont fait quelques jours auparavant a formé d’énormes craquelures. J’essaye de combler les plus grandes. Le mur ressemble à une éponge, mou et humide. Pour moi il faudrait tout enlever et recommencer. Au fur et à mesure, tout le monde met la main la pâte et on finit par tous se mettre à la tâche dans la bonne humeur. Un des moments que je préfère.

 

En construction

 

La huerta

Je prends le relai des volontaires qui viennent de partir et qui ont passé du temps à s’occuper du potager. On utilise la technique de la permaculture, des buttes ont été créées et on mélange différentes sortes de plantes potagères, herbes aromatiques et fleurs sur une même butte. Je mets des plants en terre, qui sont – je m’en rends compte tard – beaucoup trop jeunes vu la férocité des insectes locaux. Je plante aussi un fraisier de bonne taille que je le vois se faire dévorer en quelques minutes par des fourmis géantes. Il y en qui partent avec des feuilles entières sur le dos. Je croise aussi une mygale, je retiens une réaction instinctive à base de hurlements et mouvements désordonnés et bats simplement en retraite pour continuer à jardiner un peu plus loin Je mets aussi des graines à germer sous une petite serre. En restant deux semaines, difficile de voir des résultats concrets dans le jardin.

La huerta

 

La Minga

Une minga est organisée peu avant que je parte, c’est un événement visant à passer quelques jours à avancer sur la construction (ou tout autre travaux en cours) avec des gens venus spécialement pour ça. Cette fois, six personnes supplémentaires se joignent à nous. Parmi eux un colombien qui n’arrête pas de parler, il s’est décrété professionnel de la construction en adobe (cette technique à base de terre que nous utilisons). Il a acquis de l’expérience en participants à de nombreux projets similaires, en observant et en testant. La construction a du succès en Argentine ces dernières années. Des stages de formations, où semble-t-il on ne fait rien de plus que de mettre la main à pâte comme nous sommes en train de faire, se payent cher un peu partout dans le pays.
Il semblerait que le secret de ce type de construction soit la patience. Le principe de base est d’utiliser les matériaux disponibles sur place. Il faut trouver la bonne recette pour faire un mélange qui permettra de créer une construction résistante et durable. Il faut donc tester et prendre le temps. Matias, qui dort sous une tente depuis des mois en attendant que la maison soit prête, semble avoir de moins en moins de patience en ce qui concerne la maison. Ce que je comprends tout à fait.

Rencontres

Le lieu semble attirer des personnes qui ont une très belle mentalité, un esprit d’équipe, l’envie de rencontrer et de découvrir, aussi une certaine sensibilité pour le respect de la nature.
Je retiens particulièrement un jeune homme qui est souvent présent, très gentil et qui trimballe son chat malade partout avec lui. Il semblerait que le chat soit atteint d’une maladie neurologique, un soir il se couche trop près du feu pour se réchauffer et le lendemain matin ses moustaches sont toutes frisées parce qu’elles ont un peu brûlé. Un beau duo.

Le chat qui aime le feu

Il y a aussi un russe, dont je ne sais pas vraiment s’il nous a donné son vrai nom. Il refuse de parler de son passé. Ca ne me dérange pas, au fond chacun peut s’inventer le passé qu’il veut, ce qui compte c’est ce que l’on partage sur le moment. Il met un point d’honneur à toujours dire ce qu’il pense. Un jour, on part tous les deux dans la ville voisine, Oberá, pour utiliser internet. On nous a dit de chercher la salle informatique dans l’université locale. Des étudiants nous l’indiquent, on y va. Le tout est de se faire passer pour des étudiants. Mais mon compagnon de crime arbore un style très “hippie” et un surveillant lui demande s’il est étudiant. Il n’essaye pas de mentir, répond simplement non et se fait jeter dehors.
Il a aussi porté un de mes sacs le jour où je suis partie, il venait de pleuvoir et la route était encore plus difficile qu’à l’aller. On avait de la boue jusqu’au chevilles. Je crois que ça m’a sauvé la vie, j’aurais sûrement abandonné un bagage en chemin sans ça.
J’ai fait plein d’autres belles rencontres, de personnes venues pour la minga, d’amis venus donner un coup de main quelques jours.

Bilan

J’ai donc apprécié les rencontres que j’ai faites, l’ambiance du lieu et le sentiment d’un retour aux choses essentielles.

Pour aborder les aspects moins agréables, le point noir du séjour est de constater l’inhumanité avec laquelle les animaux domestiques sont traités. J’essaye de construire un abris pour les espèces de pintades qui vivent dehors dans une minuscule cage, sans nid ou maisonnette. Mais on m’interdit formellement de le faire. Les pauvres bêtes restent donc en plein soleil la journée, dans le froid la nuit, et sous la pluie lors des tempêtes. Elles sont censées aider à chasser des insectes qui ravagent le jardin. Elles ont été mises en cage pour “s’habituer au lieu” les premiers temps, mais se sauvent rapidement après avoir été libérées. Ce qui me semble normal. Le cheval est attaché des journées entières sans accès à l’eau et le chat reçoit rarement à manger. J’en parle, sans résultat. Je trouve dommage de vouloir créer un lieu plus en phase avec la nature en considérant la flore mais pas la faune domestique.

La cage

Matias, le propriétaire, voudrait que les volontaires prennent des initiatives pour des projets importants du style construction de structures sur le terrain. Mais il faut s’y prendre à l’avance pour repérer les lieux, trouver et acheminer le matériel nécessaire. Et ça n’est pas clairement évoqué sur l’annonce qui figure sur le site de mise en relation hôtes-volontaires. De toute façons, en restant sur un courte période il est difficile de s’impliquer autant qu’on le voudrait. Mais j’ai pu apprendre beaucoup de choses en terme de permaculture et de construction naturelle.

Passer quelque temps sans les habituels accès à l’eau courante et à l’électricité permet de se rappeler l’importance de ces ressources, et de faire des efforts par la suite pour adopter une attitude raisonnée dans sa consommation. On remet aussi en question notre mode de consommation, avec l’idée de vouloir acheter des choses pour le simple plaisir de posséder davantage.

Moment ensemble

C’est un lieu où on est très bien accueilli, où on se sent à l’aise de suite. Plus important que les infrastructures, c’est l’ambiance paisible et la volonté de partage qui m’ont marquée et que j’ai essayé de ramener avec moi pour la suite.

Lien vers le site del Naranjo.

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