10 jours dans une éco-famille croate

De retour d’un an en Asie et Nouvelle-Zélande, la Croatie c’était un peu les vacances pour se reposer après le voyage. J’ai pris le temps de profiter et j’avais aussi envie de faire du volontariat pour avoir petit aperçu de la vie quotidienne là-bas. Zoran et Suzi m’ont accueillie chez eux, un lieu éco-pensé. Ils m’ont présenté leurs amis et aidé à visiter la région.

Passion sac banane

 

1er jour

 

Je suis arrivée un jour plus tard que prévu parce que j’avais mal évaluée la difficulté de faire du stop dans ce pays. Surtout que le trajet était ambitieux : 500 km en une journée, de Split à Pula. Pourtant toutes les conditions étaient réunies pour que ça se passe bien : j’avais une super co-autostoppeuse, on avait peu d’affaires, on a trouvé le lieu parfait, passant, donnant sur l’autoroute, avec un espace pour stationner et on est parties tôt le matin. Mais ça a été un échec. On a tout de même réussi à aller jusqu’à Zadar, mais en partie en bus. On en a profité pour visiter la ville. Le lendemain, le bus de Zadar m’a déposée près de Muntić, à 15km de Pula, au Nord de la Croatie. Zoran, mon hôte, est venu me chercher, m’a déposée chez lui puis est reparti travailler. C’est Katlyn, une volontaire australienne, qui m’a fait visiter les lieux.

 

Le lieu

 

C’est un grand terrain un peu à l’écart du village. L’idée générale de ce lieu est de minimiser l’impact de la vie quotidienne sur l’environnement. Il y a une cuve de récupération des eaux de pluie, une douche solaire, des panneaux solaires, un jardin en permaculture et un futur toit végétal en cours de création.

Il y aussi un container recyclé en lieu de stockage pour les outils. La réutilisation de matériaux est en effet un point important là-bas. Dès qu’on passe le portail, on découvre une immense grange destinée à être transformée en lieu habitable. Elle est entourée de… de tout. J’ai vite compris que Zoran récupère tous les matériaux qu’il peut pour de futurs projets de construction. Il y a plusieurs lieux de stockage sur le terrain. Alors quand on veut travailler quelque part, on doit commencer par débarrasser une pile de merdier pour la recréer à un autre endroit.

La maison est en cours d’agrandissement. La nouvelle partie est construite avec une technique d’éco-construction en bois pour la structure et terre-paille pour les murs. C’est pour continuer cette partie que je suis venue aider. Une véranda faite avec des fenêtres récupérées sert de salle à manger. Enfin il y a une cave récemment construite juste sous la partie en construction.

 

L’hébergement

 

La maison est plutôt réservée à la famille, les volontaires ont un espace à eux dehors, que je n’ai pas tellement utilisé puisqu’on m’a proposé de rentrer si besoin. L’espace des volontaires ce sont des caravanes pour dormir, un espace pour cuisiner, la douche solaire qui est plutôt sympa. Également un coin “WC”, un bois où on est libre d’aller se creuser un petit trou et d’y laisser ce qu’on veut. Pour être honnête j’ai pas mal utilisé les toilettes de la maison. Il y aussi une salle de bain en cours de construction où Katlyn a peint une fresque psychédélique.

J’ai dormi dans une caravane que j’ai partagé avec Katlyn quelques jours avant qu’elle ne poursuive son voyage. Les nouveaux volontaires qui sont arrivés un peu plus tard, Alicia et Léo, un couple colombo-péruvien, dormaient dans une seconde caravane. Ils ont eu la malchance de recevoir la visite d’un rat une nuit ou deux. Pas moi. J’ai retenu la leçon après de mauvaises expériences et je ne conserve jamais de nourriture là où je dors. Et puis il y avait mon chien de garde personnel posté devant ma caravane toute les nuits.

 

Côté boulot

 

Bricolage à la maison

Je suis venue pour aider à continuer la construction de la maison. On n’a pas pu s’y mettre les premiers jours alors je contribuais aux tâches du quotidien comme faire la vaisselle et du rangement mais je voulais une vraie mission.

Je me suis alors attaquée au portail de l’entrée. Je l’ai poncé, passé de l’anti-rouille et repeint. J’ai regretté qu’il n’y ait pas de protection pour les voies respiratoires et les oreilles. Ça ne me dérangeait pas de travailler seule pendant ces quelques jours, j’avais un excellent livre audio à écouter, 7 jours de Deon Meyer. J’ai sympathisé avec les chats et les chiens, ils m’ont tenu compagnie à leur façon en se frottant sur la peinture fraîche et se mettant dans mes jambes pendant que je manipulais la ponceuse électrique… Les jours suivant, ça a été ponçage de volets au papier de verre. Pas très amusant mais au moins, ça peut se faire assis.

 

Enduit en terre-paille

Le jour de l’adobe est arrivé lorsque la récolte des olives a été repoussée à cause de la pluie. Après avoir découpé de la paille avec la technique rudimentaire des ciseaux, on a préparé un mélange de sable/argile/paille/eau : 2 seaux de sable, 1 seau de mélange argile/eau et de la paille selon. On en a passé une couche sur le conduit de la cheminée qui circule dans la future pièce à vivre et la chambre du bas pour l’étanchéifier parce que la fumée passait à travers les briques. J’ai aimé travailler cette matière et l’odeur me rappelait de bons souvenirs d’autres missions. Mais comme le toit n’était pas terminé et qu’il a bien plu pendant la nuit suivante, une partie de notre travail a été dissoute.

 

Récolte d’olives

Le lendemain, le soleil était de retour alors on est partis récolter des olives. On s’est joint à une famille installée dans la région depuis quelques générations et qui récolte les olives de sa propriété chaque année. On était une quinzaine, famille, amis et nous. Pour récolter, on étend un grand filet fendu autour de l’arbre. Puis on peigne ses branches pour faire tomber les olives. On vide ensuite les filets dans des cagettes. Le soleil était difficile à supporter mais pas autant que les moustiques qui s’acharnaient à me piquer au visage bien que je me sois barbouillée d’anti-moustique. Le soir, on a partagé un barbecue très convivial et discuté jusqu’à tard autour de verres de vin maison.

 

Les à-cotés

 

J’ai apprécié que mes hôtes prennent la peine de passer du temps avec leurs volontaires. Une après-midi, Zoran nous a amené chez un ami à lui qui fait du vin maison et distille de l’alcool à base de moût de raisin. On a fait une dégustation et discuté un long moment avant de rentrer faire une petite sieste nécessaire.  Un autre jour j’ai accompagné Suzi qui rendait visite à des amis. On a marché jusqu’au village en discutant et en cueillant du raisin et des figues au passage.  Elle est enseignante dans une autre ville et doit faire 4h de trajet par jour, je n’avais pas trop l’occasion de vraiment échanger avec elle avant ça.
Le boulot de Zoran consiste à transporter des touristes entre l’aéroport et différents lieux. Il proposait donc souvent de me/nous déposer là où il allait, au marché de Pula, à la plage ou dans des villes voisines. Il m’a aussi donné de bons conseils de lieux à visiter dans le pays. Le dernier jour, il a pu me déposer directement à ma nouvelle destination : Labin, plus au Nord.

Un peu de Pula en images :

 

Vie quotidienne

 

Mes hôtes étaient végétariens et ont fait le choix de consommer principalement des fruits et légumes crus, ce qui n’empêche pas de manger varié. Suzi cuisinait beaucoup et tout était excellent ! J’ai adoré les soupes et mousses de légumes et surtout la tartinade à base de graines de courge et de tournesol. Sans oublier les olives maison. Il y avait toujours plein de fruits et légumes frais et locaux à disposition. Pour leur dernier soir mes co-volontaires ont cuisiné des arepas (sortes de beignets) au fromage, une spécialité colombienne.

Il y avait toute une armoire de vêtements et bottes de travail qu’on pouvait emprunter, bien pratique quand on voyage avec un sac à dos minimaliste de 28 litres. De manière générale, Suzi avait toujours de petites attentions pour les volontaires afin de s’assurer que tout se passe bien pour nous.

 

Bilan

 

C’est un bilan plutôt positif ! L’organisation du travail était un peu brouillonne à mon goût, il m’a fallu un temps d’adaptation. J’ai dû demander du travail les premiers jours alors qu’à d’autres moments, j’ai dû réclamer des pauses. Mais on a tous des manières différentes de s’organiser et ça fait le charme du travail d’équipe.

J’ai eu l’opportunité d’avoir des discussions intéressantes avec mes hôtes et leurs amis, de parler de manière plus approfondie qu’avec des personnes croisées au début du voyage. J’ai pu découvrir un peu leur quotidien, la manière dont la situation géopolitique a pu influencer leur vie.

J’ai aussi visité de très jolis coins pendant ces 10 jours. J’ai beaucoup apprécié Pula, l’énergie de la ville et ses belles plages. N’hésitez pas à y faire un tour si vous passez en Croatie !

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